Revue francophone internationale de recherche infirmière (2015) 1, 23—30 Disponible en ligne sur ScienceDirect www.sciencedirect.com CLINIQUE /Étude pilote Odeurs, plaies et curcuma : hypothèses et pratique clinique Odours, wounds and turmeric: Hypotheses and clinical practice Isabelle Fromantin (PhD) (infirmière) a,* , Audrey Hurgon (PharmD) (docteur en pharmacie) b , José Dugay (PhD) (maître de conférences) c , Vincent Semetey (PhD) (chargé de recherche) d , Irène Kriegel (MD) (anesthésiste réanimateur) a a Unité plaies et cicatrisation, département d’anesthésie réanimation douleur (DARD), Institut Curie, 26, rue d’Ulm, 75005 Paris, France b Pharmacie, Institut Curie, 26, rue d’Ulm, 75005 Paris, France c LSABM, ESPCI ParisTech, 10, rue Vauquelin, 75005 Paris, France d UMR 168, laboratoire de physicochimie, Institut Curie, 26, rue d’Ulm, 75005 Paris, France MOTS CLÉS Bactérie ; Curcuma ; Étude préliminaire ; Odeur ; Plaie tumorale Résumé Introduction. L’odeur est une perception. Dans une majorité des situations, les odeurs nauséa- bondes des plaies peuvent être traitées. Mais sur des lésions spécifiques (comme sur les plaies tumorales évoluées), ce symptôme reste parfois incontrôlable, entraînant des mouvements naturels de répulsion. Le curcuma, connu en tant qu’épice, est évoqué comme potentiellement efficace sur les odeurs des plaies. Objectif. Évaluer les intérêts de l’application de curcuma sur les plaies malodorantes, en vue de développer un travail de recherche structuré (recherche translationnelle et/ou recherche et développement) si les résultats semblent encourageants. Matériel et méthode. Étude préliminaire avec utilisation des données recueillies lors d’un travail de thèse ; observation de l’efficacité clinique des applications locales de curcuma et réalisation d’une première série de tests d’absorption, d’adsorption et microbiologique. Résultats. Cliniquement, une réduction complète ou partielle de l’intensité des odeurs a été observée. Le curcuma semble être légèrement moins performant à capturer les composés vola- tils que le charbon, cependant l’analyse par chromatographie a mis en évidence une multitude de COVs (> 100) dont de nombreux arômes qui pourraient expliquer l’efficacité clinique. Le curcuma semble ne pas pouvoir être considéré comme un absorbant, même s’il absorbe une Auteur correspondant. Adresse e-mail : isabelle.fromantin@curie.fr (I. Fromantin). http://dx.doi.org/10.1016/j.refiri.2015.01.002 2352-8028/© 2015 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.