S96 Communications orales / La Revue de médecine interne 32S (2011) S45–S98 des LyT CD4+ naïfs CD45RA + CD62L + (35,2 ± 12,5 vs 28,4 ± 13,0 % des LyT CD4+, p = 0,09) et une diminution des LyT CD8+ effecteurs mémoires CD45RA-CD62L– (18,4 ± 10,3 vs 22,2 ± 11,1 % des LyT CD8+, p = 0,03). On retrouvait une augmentation de l’expression du marqueur CD25 avec une augmentation à M2 des LyT CD4 + CD25 + + et CD25 + + + (4,1 ± 1,2 vs 2,8 ± 0,8 %, p < 0,0001 ; et 1,3 ± 0,4 vs 0,8 ± 0,3 %, p = 0,001 ; respectivement). L’étude des LyT régulateurs montrait à M2 une augmentation des LyT CD4 + CD25hiCD127-FoxP3 + (1,6 ± 0,5 vs 1,1 ± 0,4 %, p = 0,007), et notamment de ses fractions activées CD45RA-CD25 + + + et au repos CD45RA + CD25 + + (1,0 ± 0,4 vs 0,7 ± 0,3 %, p = 0,003 ; et 2,4 ± 1,0 vs 1,4 ± 0,8 %, p < 0,0001 ; respectivement). L’étude de l’homéostasie lymphocytaire B montait une diminution des LyB à M2 (10,1 ± 7,0 vs 12,3 ± 6,0 % des lymphocytes totaux, p = 0,01) et notamment des LyB mémoires IgD-CD27+ (24,7 ± 12,6 vs 27,5 ± 12,7 des LyB, p = 0,05). Après recharge vitaminique D, on observait à M2 une diminution des LyT CD4+ producteurs d’IL–17 (1,6 ± 0,9 vs 2,1 ± 1,1 %, p = 0,10), et des LyT CD4+ et CD8+ pro- ducteurs d’interféron-(11,1 ± 5,2 vs 16,5 ± 6,8 % des LyT CD4+, p = 0,004 ; et 26,9 ± 12,7 vs 34,1 ± 13,5 % des LyT CD8+, p = 0,049 ; respectivement). Conclusion.– Au cours du LES peu à modérément actif, la sup- plémentation vitaminique D est associée à une augmentation significative des LyT régulateurs, à une baisse des LyB mémoires, et à une diminution des LyT producteurs d’IL–17 et d’interféron–. Ces données suggèrent l’intérêt potentiel de la vitamine D dans la prise en charge des patients, et nécessitent d’être confirmées sur un plus grand échantillon dans le cadre d’essais randomisés contrôlés. doi:10.1016/j.revmed.2011.03.120 CO 103 Pneumopathie interstitielle diffuse au cours des polymyosites/dermatomyosites : caractéristiques évolutives et facteurs prédictifs I. Marie a , P.Y. Hatron b , S. Dominique c , P. Cherin d , L. Mouthon e , K.P. Tiev f , H. Levesque g , J.F. Menard h a Département de médecine interne, CHU, Rouen, France b Service de médecine interne, hôpital Claude Huriez, Lille, France c Pneumologie, CHU Rouen, Rouen, France d Service de médecine interne, groupe hospitalier Pitié Salpétrière, Paris, France e Service de médecine interne, hôpital Lariboisière, Paris, France f Service de médecine interne, hôpital Saint Antoine, Paris, France g Département de médecine interne, CHU de Rouen, Rouen, France h Biostatitiques, CHU Rouen, Rouen, France Introduction.– La pneumopathie interstitielle diffuse (PID) consti- tue l’une des manifestations pulmonaires les plus fréquentes au cours des polymyosites/dermatomyosites (PM/DM). Elle majore la morbidité et la mortalité chez ces patients. Patients et méthodes.– Dans ce travail rétrospectif regroupant 107 patients porteurs de PM/DM associés à une PID, nous avons analysé les caractéristiques évolutives de cette atteinte pulmonaire. Ensuite, nous avons recherché des facteurs d’aggravation de la PID. Résultats.– Il s’agissait de 43 hommes et 64 femmes d’âge médian 53 ans ; 68 patients avaient une PM et 39 présentaient une DM. La PID précédait le diagnostic de myosite (n = 20), les diagnostics de PM/DM et de PID étant concomitant chez 69 patients ; la PID sur- venait dans le cours évolutif de la myosite dans 18 cas. Le mode de présentation de la PID était : aigu (n = 20), progressif (n = 75) ou asymptomatique (découverte par les explorations pulmo- naires systématiques) (n = 32). Le traitement de la PID comportait : prednisone (n = 107), cyclophosphosphamide (n = 25), azathioprine (n = 2), mycophénolate mofétil (n = 6). L’évolution de la PID était la suivante : guérison (n = 35), amélioration (n = 55) et aggravation (n = 17). Les paramètres significativement associés à l’aggravation de la PID étaient : la présence de manifestations cliniques pulmo- naires au diagnostic de PID (p = 0,03), d’un aspect scannographique de pneumopathie interstitielle commune (p = 0,05), l’âge plus élevé des patients (p = 0,008), des valeurs médianes moins élevées au diagnostic de PID de la capacité vitale forcée (p = 0,01) et de la DLCO (p = 0 ; 002) ainsi qu’une posologie quotidienne de prednisone plus élevée au dernier suivi (p = 0,0000001). Conclusion.– Cette étude souligne l’évolutivité de la PID au cours des PM/DM, confirmant l’intérêt de son dépistage précoce et systé- matique. Elle suggère aussi que les patients présentant des facteurs prédictifs d’aggravation pourraient justifier d’un traitement immu- nosuppresseur initial plus agressif. doi:10.1016/j.revmed.2011.03.121 CO 104 Prédiction de la survenue de l’hypertension pulmonaire au cours de la sclérodermie systémique par le coefficient de diffusion de la membrane alvéolaire K.P. Tiev a , N.N. Ledong b , S. Riviere a , A. Kettaneh c , T. Hua-Huy b , S. Duong-Quy b , A.T. Dinh-Xuan b , J. Cabane d a Médecine interne, hôpital Saint- Antoine, Paris, France b Physiologie, hôpital Cochin, Paris, France c Service de médecine interne, hôpital Saint-Antoine, Paris, France d Service de médecine interne, hôpital St Antoine, Paris, France Introduction.– L’hypertension pulmonaire (HP) est une complica- tion sévère et difficilement prévisible au cours de la sclérodermie systémique (ScS). La diminution de la capacité de diffusion libre alvéolo-capillaire (DL) du monoxyde de carbone (DLCO) est consi- dérée comme un marqueur prédictif de la survenue de l’HP au cours de la ScS. La mesure simultanée de la DLCO couplée à la DL du monoxyde d’azote (DLNO) permet de déterminer, d’une part, le coefficient de diffusion de la membrane alvéolaire (Dm), qui est inversement proportionnel à l’épaisseur de la membrane alvéolo- capillaire, et d’autre part, le volume capillaire pulmonaire (Vc) selon l’équation de Forster et Roughton (1/DL = 1/Dm+ 1/gaz Vc, où gaz est la constante d’affinité du gaz pour l’hémoglobine). Objectif.– L’objectif de cette étude prospective est de comparer la capacité de prédire la survenue de l’HP par la DLCO et la DLNO ainsi que par Dm et Vc déduits de la mesure simultanée des deux premiers paramètres. Patients et méthodes.– Soixante-dix patients atteints de ScS sans HP ont eu une mesure simultanée de DLCO/DLNO à l’inclusion et un dépistage régulier de la survenue d’une HP sur trois ans avait été effectué : une pression artérielle pulmonaire (PAP) systolique supérieure à 40 mmHg à l’échographie cardiaque entrainait la réa- lisation d’un cathétérisme droit permettant de confirmer l’HP en cas de PAP moyenne 25 mmHg [1]. Résultats.– Tous les paramètres (Dm, Vc et DLNO) sauf la DLCO pré- disaient la survenue ultérieure d’une HP. Néanmoins les meilleures performances de prédiction sont obtenues avec le Dm, chez les patients ayant une pneumopathie interstitielle comme chez les autres. Ainsi le risque relatif (hazard ratio) de développer une HP pour un patient ayant une valeur de Dm inférieure à la médiane est égal à 10,2 (95 %IC : 1,25-83,50 ; p = 0,03). De même l’aire sous courbe ROC pour la prédiction de l’HP à 18 mois était à 0,81 (95 %CI : 0,70–0,91) pour Dm. Au seuil optimal correspondant à 73 % de la valeur théorique du Dm, la sensibilité est égale à 92 % (95 %CI : 61–99 %) et la spécificité à 72 % (95 %CI : 59–83 %). Discussion.– Le Dm abaissé pourrait refléter une anomalie capillaire précoce récemment décrite dans l’HP liée à la ScS [2,3]. Conclusion.– Au cours de la sclérodermie systémique, les patients ayant un coefficient de diffusion de la membrane alvéolaire abaissé ont un risque particulièrement élevé de développer ultérieurement une hypertension pulmonaire. Références [1] McLaughlin VV et al. Circulation 2009;119:2250–94. [2] Dorfmuller P et al. Hum Pathol 2007;38:893–902. [3] Overbeek MJ et al. Eur Respir J 2009;34:371–9. doi:10.1016/j.revmed.2011.03.122