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Document généré le 5 mai 2020 19:25
Revue des sciences de l'eau
Effets des précipitations acides sur les écosystèmes aquatiques
au Canada: Situation actuelle et future
Aquatic effects of acidic deposition in Canada: Present and
predicted future situation
D. S. Jeffries, S. E. Doka, M. L. Mallory, F. Norouzian, A. Storey et I. Wong
Volume 11, numéro hors-série, 1998
URI : https://id.erudit.org/iderudit/705335ar
DOI : https://doi.org/10.7202/705335ar
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Éditeur(s)
Université du Québec - INRS-Eau, Terre et Environnement (INRS-ETE)
ISSN
0992-7158 (imprimé)
1718-8598 (numérique)
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Citer cet article
Jeffries, D. S., Doka, S. E., Mallory, M. L., Norouzian, F., Storey, A. & Wong, I.
(1998). Effets des précipitations acides sur les écosystèmes aquatiques au
Canada: Situation actuelle et future. Revue des sciences de l'eau / Journal of
Water Science, 11, 129–143. https://doi.org/10.7202/705335ar
Résumé de l'article
Cet article représente une évaluation de l'état actuel et des tendances observées dans les
écosystèmes lacustres, ainsi que de leur état futur probable lorsque les réductions d'émissions
requises dans le cadre de l'Entente Canada-États-Unis sur la qualité de l'air auront été effectives.
Outre une synthèse des faits saillants de ce dossier pour l'ensemble du Canada, le présent article
s'appuie aussi sur l'ensemble des données physico-chimiques récentes (8874 échantillons)
observées sur 2779 lacs de l'est canadien, ainsi que celles recueillies (1012 échantillons) sur 252
lacs de l'ouest canadien depuis 1985. Des données biologiques (poissons, benthos, zooplancton et
oiseaux aquatiques) ont également été inventoriées pour identifier l'ampleur des dommages
biologiques.
Les nombreux lacs ayant subi une acidification anthropique récente sont situés pour la plupart
dans l'est du Canada où les dépôts de SO- sont élevés. La sensibilité des sols influence également
leur distribution spatiale. Durant la période s'échelonnant de 1981 à 1994, seulement 33% des 202
lacs faisant l'objet d'un suivi temporel dans l'est du Canada ont montré une amélioration
significative de leur acidité (réduction) en réponse à la baisse des dépôts de SO- (11% des lacs ont
subi une hausse d'acidité et 56% n'ont montré aucun changement). Plus de la moitié des lacs ayant
récupéré se situent à proximité de Sudbury en Ontario. Plusieurs processus biogéochimiques sont
responsables du retard dans la réversibilité de l'acidification. Pour cette raison, la récupération
biologique a été très faible dans l'est canadien, exception faite de la région immédiate de Sudbury.
Trois scénarios d'émissions ont été considérés: scénario 1: niveaux d'émission canadiens et
américains de 1985; scénario 2: émissions canadiennes de 1994 et émissions américaines de 1990 ;
scénario 3: réductions d'émissions américaines et canadiennes complétées. Ces scénarios de
réductions d'émissions, qui ont été utilisés comme données d'entrée à des modèles stationnaires
simulant la chimie des eaux de surface et qui ont été appliqués à cinq grandes zones lacustres du
l'est canadien, suggèrent que la proportion de lacs "endommagés" (définis comme étant des lacs
de pH<6) diminuera conséquemment aux réductions d'émissions américaines et canadiennes.
De 11 à 49% des lacs acidifiés le resteront après l'ensemble des réductions prévues (scénario 3). Le
Québec et l'Ontario, qui reçoivent actuellement les plus fortes retombées acides, bénéficieront le
plus des réductions. Les gains environnementaux seront plus faibles dans l'est et dans l'ouest du
Canada. De plus faibles dépôts acides et une contribution naturelle à l'acidité pourraient
expliquer cette moins grande récupération.
Il est maintenant reconnu que le pH est le principal facteur d'influence de la diversité spécifique
du poisson, bien que d'autres facteurs comme la morphométrie du lac, l'altitude et les
concentrations de COD soient aussi en partie responsables. Une réduction des dommages
biologiques (i.e.baisse des disparitions de populations de poisson) serait donc possible, mais cette
amélioration ne surviendra qu'après la hausse du pH des eaux de surface. L'importance relative
des gains au plan biologique suivra une évolution similaire à celui des aspects chimiques. Des
dommages significatifs aux écosystèmes lacustres subsisteront néanmoins après réalisation de
l'ensemble des réductions d'émissions. Des pertes de populations de poissons devraient subsister
dans 6% (Sudbury) à 15% (Kejimkujik) des lacs. Compte tenu du grand nombre de lacs situés dans
le sud-est canadien, les pourcentages précédents impliquent que les ressources piscicoles perdues
pourraient être très élevées. La restauration des communautés piscicoles devra passer dans bien
des cas par un ré-enpoissonnement. De nouveaux programmes de contrôle visant des réductions
supplémentaires d'émissions seront dès lors nécessaires pour protéger correctement les
écosystèmes sensibles.