Adoption du big data dans l’assurance: retenue raisonnée ou paradoxe de St Petersbourg? Catherine Koch-Struss * , Sandrine Rousselin , Benoît Lamarsaude MBA Cnam -Enass, Ecole Nationale de l’Assurance - 2016 Résumé Le big data, technologie qui engendrera une révolution majeure dans le secteur de l’assurance, instrument de dépenses conséquentes sans grande valeur ajoutée, voire même risque pour la survie de l’industrie ? A l’heure où le big data est sur toutes les bouches, il est de la responsabilité des assureurs de se poser la question. Si les promesses du big data semblent infinies, les écueils liés à sont utilisation ne sont pas moins grands. Le big data pourrait créer un big bang dans le portefeuille des assureurs, en créant une nouvelle compétition de la part d’autres professionnels voir même des clients eux mêmes. Quant bien même les assureurs devraient utiliser le big data pour survivre, nous sommes en droit de nous demander si la portabilité des données et l’asymétrie d’information n’en seraient pas les grandes faiblesses. Toutes ces questions se posent dans un contexte réglementaire de plus en plus contraignant. Assureurs, pour tirer votre épingle du grand jeu du big data, il faudra vous montrer attractifs et pro-actifs ! I. Introduction E n 1738, Daniel Bernoulli publie un article dans les Mémoires de l’Académie de Saint-Pétersbourg, qui pose la question suivante : pourquoi, alors que mathématique- ment l’espérance de gain est infinie à un jeu, les joueurs refusent-ils de jouer tout leur argent ? La résolution de ce problème, appelé paradoxe de St Petersbourg [1], passera par la création de la notion d’aversion au risque et plus généralement, la théorie de la décision. Ces concepts visent à expliquer les choix d’investissements des agents économiques dans un environnement incertain. L’activité d’assurance se prête particulièrement à l’utilisation de ces modèles quant à la compréhension des choix assurantiels des individus. En 2012, une étude McKinsey, «Big data : The next frontier for innovation, competition, and productivity »[2], arguait que le secteur de la finance et de l’assurance peut tirer * catherine.struss@gmail.com sandrine.rousselin@gmail.com benoit.lamarsaude@gmail.com 1