Reviews Astuti, Rita, Jonathan Parry and Charles Stafford (eds.). 2007. Questions of Anthropology. Oxford and New York: Berg. xii + 372 pp. Pb.:23.45. ISBN: 978 1 84520 748 9. Les contributions dans ce volume, offert en hommage ` a Maurice Bloch, s’efforcent de soulever des « questions fondamentales » que les acteurs sociaux eux-m ˆ emes sont susceptibles de se poser, mais que, de plus en plus, « most anthropologists are too timid to address » (p. 359). Ce type de probl ´ ematique, pourtant, a souvent ´ et´ e au cœur de l’anthropologie de Bloch comme de celle des fondateurs de la discipline, et la reprise de ce style de questionnement se veut ici un hommage au travail de Bloch. Chaque titre de chapitre prend donc la forme d’une question dont son auteur souligne, avec plus ou moins de bonheur selon les cas, la port ´ ee g´ en´ erale. Dans un chapitre essentiellement ancr ´ e dans le Mangarrai m ´ eridional, une r ´ egion d’Indon´ esie, Catherine Allerton, qui se demande « what does it mean to be alone », montre finalement que le mariage n’est certainement pas la voie oblig ´ ee du passage au statut d’adulte dans toutes les soci ´ et´ es, et invite ` a investiguer davantage les crit ` eres de ce passage dans les soci ´ et´ es o ` u le mariage et la production d’une descendance passent parfois un peu rapidement pour ˆ etre le seul de ces crit` eres. Janet Carsten souligne ensuite, dans une contribution o ` u elle met en perspective ses enquˆ etes en Malaisie avec celles, plus ecentes, qu’elle a men ´ ees en Ecosse, comment, en d ´ epit de diff ´ erences importantes, « the sense that kinship relations are proved in the doing » (p. 50) semble fondamental dans les deux cas. Dans le chapitre suivant, Charles Stafford cherche ` a montrer, ` a partir du r ´ ecit de equences de la vie anxiog ` ene de l’un de ses amis chinois, comment l’obsession pour les nombres et leur signification, ainsi que l’extension importante des obligations de eciprocit´ e, sont susceptibles d’induire des formes d’anxi ´ et´ e` a l’´ egard du futur, mˆ eme si cette derni ` ere apparaˆ ıt aussi plus largement comme ancr´ ee dans des trajectoires sociales sp´ ecifiques, voire comme intrins ` eque ` a la condition humaine. A partir de l’ ´ etude de diff ´ erents groupes chr´ etiens fondamentalistes, Ellen Keller propose de consid ´ erer « the desire to intellectually comprehend » le monde (p. 100) comme un ´ el´ ement de la nature humaine. Fenella Cannell revient ensuite, principalement ` a travers une brillante ethnographie du mormonisme, sur la th ´ eorie du rituel de Bloch. A partir d’une discussion tr` es maˆ ıtris´ ee de celle-ci, elle s’engage dans une r´ einterpr´ etation moins maˆ ıtris´ ee de la question de la cr ´ eativit´ e chez Marx (o ` u celui-ci n’est pas cit ´ e et n’apparaˆ ıt qu’` a travers Adorno), et dans des consid ´ erations sur l’h´ eritage th´ eologique de l’anthropologie et les d´ esavantages suppos´ es de l’ath ´ eisme pour l’anthropologie du fait religieux. Se demandant « what makes people work », Olivia Harris montre que si le travail a, historiquement, en Europe, une connotation n ´ egative (il est associ ´ e depuis longtemps ` a une n ´ ecessit´ e asservissante), il n’en va pas de m ˆ eme dans les Andes, o ` u la capacit´ e` a travailler est davantage constitutive de ce qui fait la valeur des personnes. La construction de ce contraste est toutefois quelque peu approximative: l’investissement identitaire de l’ouvrier dans le travail (pour ne pas ´ evoquer ici l’investissement acad´ emique...), bien d ´ ecrit par de nombreux sociologues, est par exemple peu pris en consid´ eration. En se demandant ensuite « what kind of sex makes people happy », Laura Rival soutient, ` a partir d’une ethnographie des Huaorani, une population amazonienne, que leur sexualit ´ e est fondamentalement une « sensualit´ e diffuse » Social Anthropology/Anthropologie Sociale (2009) 17, 2 241–259. C 2009 European Association of Social Anthropologists. 241 doi:10.1111/j.1469-8676.2009.00064.x