Production et sécrétion de l’insuline par
la cellule b pancréatique
Production and secretion of
insulin by the pancreatic b-cell
C. Magnan
a
, A. Ktorza
b,
*
a
Laboratoire de Physiopathologie de la Nutrition, CNRS UMR 7059 Université Paris 7, 2, place Jussieu,
75251 Paris cedex 05, France
b
Institut de recherches Servier (IDRS), 11, rue des Moulineaux, 92150 Suresnes, France
MOTS CLÉS
Métabolisme du
glucose ;
Exocytose ;
Boucle de régulation ;
Stimuli primaires ;
Stimuli secondaires ;
Incrétines ;
Facteurs nerveux
Résumé L’insuline participe au contrôle du métabolisme énergétique et, en particulier,
du métabolisme du glucose. C’est la seule hormone hypoglycémiante. Sa structure a été
remarquablement conservée au cours de l’évolution. Sa production et sa sécrétion par les
cellules b du pancréas endocrine sont très étroitement contrôlées. La transcription du
gène de l’insuline est sous le contrôle de nombreux facteurs qui agissent en trans sur la
région promotrice. Le glucose est le régulateur le plus important, mais des hormones
(glucagon-like peptide 1, growth hormone, leptine, prolactine...) sont aussi capables de
moduler l’expression du gène de l’insuline. L’hormone définitive est d’abord synthétisée
sous la forme d’une protéine de haut poids moléculaire, la pro-insuline, qui est stockée
dans des microvésicules où s’amorce sa conversion en insuline. La libération de l’insuline
nécessite la mise en route du processus d’exocytose des vésicules sécrétoires. Le contrôle
de la sécrétion de l’hormone fait appel à une boucle élémentaire de régulation qui lie la
concentration des nutriments, en premier lieu le glucose, à la sécrétion d’insuline. Des
agents modulateurs, hormonaux ou nerveux se greffent sur cette boucle pour atténuer ou
amplifier cette sécrétion. Le glucose est l’agent stimulant le plus puissant de la sécrétion
d’insuline et il conditionne l’action de tous les autres stimuli. Son métabolisme dans la
cellule b génère des cofacteurs dont notamment l’adénosine triphosphorique, à l’origine
de phénomènes électriques membranaires et de mouvements ioniques aboutissant à
l’entrée massive de calcium dans la cellule et à la stimulation de l’exocytose. Les facteurs
modulateurs de la réponse sécrétoire au glucose agissent essentiellement via des protéi-
nes Gs ou Gi (modulation de la concentration en adénosine monophosphorique cyclique)
ou des protéines Gq (activation de la phospholipase C). L’adaptation du fonctionnement
coordonné des cellules b aux variations de l’équilibre glycémique est un bel exemple de
spécialisation d’un micro-organe au contrôle optimal à court et à long terme de l’homéo-
stasie énergétique.
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* Auteur correspondant.
Adresse e-mail : alain.ktorza@fr.netgrs.com (A. Ktorza).
EMC-Endocrinologie 2 (2005) 241–264
http://france.elsevier.com/direct/EMCEND/
1762-5653/$ - see front matter © 2005 Elsevier SAS. Tous droits réservés.
doi: 10.1016/j.emcend.2005.07.001