© Masson, Paris.
Ann Fr Anesth R6anim, 9 : 185-187, 1990
CAS
CLINIQUE
Infarctus c rdbral au cours d'un ace,s pernicieux
palustre. Int r6t diagnostique de la tomodensitomdtrie
Cerebral malaria and computed tomography
G. PHAM-HUNG *, A. TRUFFERT**, G. DELVALLleE*, G. MICHEL**, J.P. LAPORTE **, G. DUVAL***
* Service de R~animation Polyvalente, Centre Hospitalier G6n6ral de Saint-Pierre, 97410 Saint-Pierre (R6union)
** Service de Neuroradiologie, Centre Hospitalier G~n6ral de Saint-Pierre, 97410 Saint-Pierre (Reunion)
*** Unit~ de R6animation, H6pital Rothschild, 33, boulevard de I'H6pital, 75012 Paris
RI~SUMI~ : Au cours de la phase aigu6 d'un acc6s palustre pernicieux, le scanner c6r6bral a permis de
mettre en 6vidence et de suivre l'6volution d'une 16sion isch6mique c6r6brale par probable thrombose
art6rielle
Mots-cl6s : INFECTION : parasitaire, paludisme ; EXAMENS COMPLI~MENTAIRES : tomodensitom~-
trie.
Le neuropaludisme ou acc~s pernicieux palustre
est une des complications fr6quentes et graves du
paludisme de primo-infection ~ Plasmodium falci-
parum [3, 6, 7]. L'acc6s pernicieux, dont la recru-
descence actuelle est li6e h l'apparition des
souches chloroquinor6sistantes, r6alise un tableau
d'atteinte c6r6brale aigu6 f6brile avec, typique-
ment, un coma souvent profond, ~ fi6vre 61ev6e,
associ6 fr6quemment ~ une atteinte polyvisc6rale
[6, 7].
L'atteinte neurologique est li6e h une obstruc-
tion capillaire, elle-m6me multifactorielle : boue
d'h6maties parasit6es, d6p6ts d'immuns complexes
sur la membrane basale des capillaires, lib6ration
d'endotoxines [1]. Les d6couvertes anatomiques
mettent en 6vidence de telles 16sions chez tousles
patients, accompagn6es parfois, mais de faqon
beaucoup plus rare, d'ced6me c6r6bral, d'accidents
h6morragiques et de thromboses vasculaires [5].
Ce dernier aspect n'a jamais 6t6 rattach6 de
mani6re formelle au neuropaludisme du vivant du
malade [5].
Les auteurs rapportent un cas d'infarctus c6r6-
bral d6couvert au scanner chez un patient pr6sen-
tant un acC6s pernicieux h Plasmodium falciparum
chloroquinor6sistant.
OBSERVATION
Un patient de 36 ans, sans ant6c6dents en particulier neuro-
logiques, est admis en r6animation pour confusion et hyper-
thermie. L'interrogatoire retrouve la notion d'un s6jour r6cent
Madagascar, plus pr6cis6ment h Sainte-Marie, zone d'end6-
mie palustre h souches de Plasmodium falciparum chloroquino-
r6sistant [2, 4]. Malgr6 une chimioprophylaxie par chloroquine
bien conduite, ce malade pr6sente depuis son retour des acc6s
f6briles quotidiens. L'examen clinique d'entr6e est sans particu-
larit6s, en dehors d'une pseudo-6bri6t6 et d'une fi6vre s'61evant
~t 40,2 °C. Le diagnostic de paludisme est port6 d6s l'entr6e
grace au frottis sanguin qui montre 10 % d'h6maties parasit6es
par Plasmodiurn falciparum. Un traitement par quinine i.v. est
imm6diatement entrepris (Quinimax ®, ~t la dose de 1,5 g par
24 h). Apr6s une p6riode transitoire de 36 h pendant laqueile
le patient est apyr6tique et dans un 6tat de conscience normal,
apparait une alt6ration progressive de la vigilance aboutissant ~t
un coma calme, peu r6actif, sans signes neurologiques de
focalisation, mais avec pr6sence d'une raideur m6ning6e. Le
bilan biologique (num6ration de la formule sanguine, iono-
gramme sanguin, gaz du sang art6riels) est alors strictement
normal ; il n'existe en particulier pas de thrombop6nie. Cette
aggravation secondaire, associ6e h une pneumopathie nosoco-
miale, n6cessite une intubation avec ventilation contr616e. Un
premier examen tomodensitom6trique, pratiqu6 en urgence
J1, ne montre qu'un discret 0ed6me c6r6bral (fig. 1). Une
ponction lombaire est alors pratiqu6e et fait apparaitre un
liquide << eau de roche ~, 16g6rement hypertendu et st6rile
Re~u le 31 septembre 1989, accept6 apr6s r6vision le 31 janvier Tir6s ~ part: G. Duval.
1990.