Cahiers du Brésil Contemporain, 2006, n°63/64, p. 79-105 L’« EMPOWERMENT » POLITIQUE ET LA CONSTRUCTION DE COMMUNAUTÉS EN AMAZONIE CENTRALE * Scott William HOEFLE ** Pendant les années quatre-vingt-dix, l’Amazonie Centrale est devenue le nouveau champ de bataille entre les intérêts développementistes, environnementalistes et populistes en ce qui concerne l’avenir de la forêt amazonienne. Après l’apparition d’un nouvel axe Nord-Sud de développement en Amazonie Centrale, qui recoupe l’ancien axe est-ouest et se connecte à un troisième axe, encore en formation, qui réunit le Venezuela, les Guyanes et l’Amapá, la durabilité du processus d’occupation de l’Amazonie Centrale est devenue une question critique pour l’avenir de toute la région (Becker, 1997 ; Colchester, 1997) (figure 1). L’Amazonie Centrale est située au centre du plus grand bloc de forêt tropicale restant en Amérique du Sud. Dans cette zone, la forêt est encore peu touchée, mais la frontière agricole avance en plusieurs points : 1) du Rondônia et du Mato Grosso vers le nord, en traversant la Route Transamazonienne (BR-232) entre Apui et Humaitá, 2) du Pará vers l’ouest sur la même Route et 3) de Manaus vers le nord et de Boa Vista vers le sud le long des routes BR-174, BR-170, et BR-210. En découpant horizontalement et verticalement l’Amazonie Centrale, ces fronts ont la capacité potentielle de fragmenter la région, ce qui rend plus facile sa transformation en paysages agricoles et urbains. * La recherche qui a servi de base à cet article a reçu l’appui de la Coordenação para o Aperfeiçoamento de Pessoal Superior (CAPES - Brésil), du Conselho Nacional de Desenvolvimento Científico e Tecnológico (CNPq - Brésil), de la Financioadora de Estudos e Projetos (FINEP - Brésil), de la Fundação Universitária José Bonifácio (FUJB - Brésil) et de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD - France). ** Professeur à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro.