90 Pour citer cet article, to quote this article, para citar este artigo : Paul Aron, « " De nos envoyés spéciaux ". Poétique d’une auctorialité plurielle dans le domaine du sport », Sur le journalisme, About journalism, Sobre jornalismo [En ligne, online], Vol 10, n°2 - 2021, 15 décembre - december 15 - 15 de dezembro. URL : https://doi.org/10.25200/SLJ.v10.n2.2021.436 Paul Aron - « De nos envoyés spéciaux ». Poétique d’une auctorialité plurielle dans le domaine du sport « De nos envoyés spéciaux » Poétique d’une auctorialité plurielle dans le domaine du sport Paul Aron Directeur de recherches au FNRS Université libre de Bruxelles Centre Philixte Belgique paron@ulb.ac.be L a presse a toujours essayé de dé- crire les activités sportives de la manière la plus réactive possible, en essayant d’ajuster au plus près le compte rendu au déroulé de l’événement. Ne pouvant bénéf- cier du « direct », la presse écrite compense son retard en mixant les ressources tech- nologiques qui permettent d’accélérer la communi- cation des résultats (télégraphe, télex, internet) avec un contenu informatif spécifque, visuel et textuel, qui densife la compétition et justife la raison d’être du journal. Dans ce but, la stratégie adoptée par les médias de presse, hier comme aujourd’hui, consiste à envoyer du personnel sur le terrain, de manière à côtoyer les sportifs et leur environnement spécifque. Ce person- nel porte un nom : il s’agit des envoyés spéciaux. L’envoyé spécial n’est jamais étudié en tant que catégorie spécifque par les études sur le journalisme. Je précise : en tant que rôle fonctionnel, il a fait l’objet de nombreuses études. On le connaît par sa spécialité (le reportage sportif, politique ou de guerre 1 ), par son statut dans le journal (grand reporter ou pigiste), et son genre d’écriture a été bien décrit (grand repor- tage, chronique, reportage et fction 2 ). On a aussi été attentif au contrat d’objectivité de son écriture, et aux formes narratives du récit à la première personne. Mais l’expression même qui le désigne semble transparente, voire insignifante. Elle est en quelque sorte passée sous les radars des analystes de la presse ou des médias.