Nutrition clinique et métabolisme 27 (2013) S57–S175 / Cahiers de nutrition et de diététique 48 (2013) S57–S175 S97 99 mM de D-lactate. Ce microbiote est conforme aux caractéris- tiques dysbiotiques décrites chez les SGC. Au cours des 4 premiers jours après le transfert dans des rats axéniques, on observe une aug- mentation des Bacteroides (x1000) et des Coccoïdes (x10) et une diminution des Lactobacilles (x100) ainsi que des Coli (x10). L’apport en lactose ne modifie pas l’abondance relative des popula- tions bactériennes. Un jour après l’implantation, la concentration de D-lactate fécal est de 14 mM pour devenir indétectable le troisième jour. Conclusion. – Chez les patients, la résection étendue de l’intes- tin grêle conduit à un avantage sélectif des bactéries anaérobies facultatives (comme les Lactobacilles). Chez le rat gnotobiotique implanté avec le microbiote du patient avec SGC il y a une perte de la spécificité du microbiote du patient, avec une diminution des lac- tobacilles au profit des Bacteroides et des Clostridii. Cela suggère que la dysbiose observée chez l’homme est sans doute en partie pro- voquée par une modification du gradient d’oxygène dans le tractus digestif. Cela implique que chez les patients, les interventions nutri- tionnelles à envisager doivent tenir compte des caractéristiques du microbiote où les bactéries anaérobies strictes sont défavorisées et les bactéries anaérobies facultatives ont un avantage sélectif. P081 Étude pilote du profil électrophorétique de diversité du microbiote intestinal chez les patients dénutris atteints d’anorexie mentale (AM) M. G. Hanachi 1,* , F. Levenez 2 , E. Latour 1 , N. Cournède 1 , J. Doré 2 , P. De Truchis 1 , J. C. Melchior 1 , P. Crenn 1 1 nutrition clinique, HÔPITAL RAYMOND POINCARÉ, Garches, 2 Institut MICALIS, INRA, Jouy en Josas, France Introduction et but de l’étude. – Les troubles fonctionnels diges- tifs et certaines perturbations métaboliques sont décrites au cours des dénutritions dans l’AM. Des associations entre la perturbation de microbiote intestinal et certaines grandes pathologies ont été démontrés. Dans le cas des dénutitions pures au cours l’AM, il existe peu de données sur les modifications potentielles du micro- biote. L’objectif de notre étude était de rechercher d’éventuelles modifications du microbiote chez ces patients et rechercher des associations avec les perturbations fonctionnelles digestives et métaboliques. Matériel et méthodes. – Huit patients, de sexe féminin, dénutris (IMC 12 ± 2, l’albumine 36 ± 9 g/L, CRP < 3 mg / L) atteints d’AM (DSM5) âgés de 35 ± 10 ans, sous nutrition entérale par un soluté isoprotidique et isocalorique depuis moins de 3 jours, ont été inclus et comparées à neuf adultes sains avec IMC normal (22,3 ± 1,5) et sans antécédents d’obésité ou troubles métaboliques. Les patients ayant eu un traitement antibiotique dans les 2 mois précédant l’étude ou ayant des antécédents d’obésité ou une maladie inflammatoire ont été exclus. Nous avons utilisé le TTGE (Temporal Température gradient électrophorèse sur gel) pour analyser un échantillon de selles pour chacun des patients et des contrôles. Un bilan métabo- lique sanguin a été réalisé chez tous les patients. Les résultats de la TTGE ont été présentés sous forme de dendrogramme et en analyse en composantes principales (ACP) Résultats. – Les patients avaient des profils électrophorétiques de diversité microbiote de l’ARN 16S différents de celui de témoins. Les Deux premiers axes dispersion des données électro- phorétique de l’ACP expliquaient respectivement 19,8 % et 15,6 % de la variation. Il n’y avait aucune différence entre les formes res- trictives et purgatives de l’AM et aucune association entre les troubles fonctionnels digestifs et les profils électrophorétiques des patients. Les patients ayant des transaminases normales (N = 3) avaient des profils électrophorétique proches, les patients ayant une citrulline < 30 μmol / l (N = 3) ont présenté un profil électrophoré- tique de diversité proche. Il n’y avait pas de chevauchement entre ces 2 derniers groupes. Aucune association n’a été trouvée entre la dyslipidémie (N = 3) et les profils des patients. Conclusion. – Les résultats obtenus confortent l’hypothèse d’une modification du microbiote lors de la dénutrition, et suggèrent leur association avec les perturbations métaboliques et la perturba- tion de la fonction intestinale. Une étude métagénomique, avec plus de patients, sera nécessaire pour approfondir ces résultats NUTRITION EN PHYSIOPATHOLOGIE ET PATHOLOGIE : DIABÈTE P082 Associations between visceral adipose tissue, liver steatosis, atherosclerosis and plasma osteoprotegerin levels in dysmetabolic adults P.-H. Ducluzeau 1,* , G. lefthériotis 1 1 CHU ANGERS, Angers, France Introduction et but de l’étude. – Obesity and the metabolic syn- drome are accompanied by increased visceral adipose tissue as well as liver steatosis, both leading to increased cardiovascular risk. High plasma osteoprotegerin has been more recently associated with car- diovascular diseases. However, less is known about the associations between visceral adipose tissue (VAT), liver fat content (LF) and plasma osteoprotegerin (OPG) in dysmetabolic subjects. The objec- tive is to determine the association between VAT, LF, and other markers of metabolic syndrome (i.e. hypertension, dyslipidemia and insulin resistance) and OPG in dysmetabolic adults. Matériel et méthodes. – 309 subjects from the NUMEVOX cohort were included on the basis of at least one metabolic syn- drome criterion. They underwent a thorough metabolic and cardio- vascular evaluation including : arterial stiffness and atherosclerotic plaques, HOMA insulin resistance index (HOMA-IR), liver enzymes, ferritin, waist circumference and BMI. Plasma OPG were assessed by Elisa technique. VAT and LF were measured by magne- tic resonance imaging in a subgroup of 140 patients. Ultrasound examination of arteries and arterial stiffness (pulse wave velocity) were recorded. Age and gender adjusted paired correlation were cal- culated. Résultats. – BMI, waist circumference and MRI-based VAT correlated with OPG (r = 0,19, p = 0,006; r = 0,18, p = 0,001; r = 0,24, p = 0,004 respectively) while subcutaneous fat didnot cor- related. Liver fat content correlated with OPG (r = 0,25, p = 0,003) as well as ALT (r = 0,39, p < 0,001), gGT (r = 0,35, p < 0,001), fer- ritinemia (r = 0,18, p = 0,002) and triglyceridemia (r = 0,17, p = 0,004). HOMA-R was strongly correlated with OPG (r = 0,39, p < 0,0001), as well as leptinemia (r = 0,28, p < 0,0001) and adipo- nectinemia (r = -0,12 p = 0,05). Plasma OPG correlated to arterial