MISE AU POINT BIBLIOGRAPHIQUE Respiration de croissance et respiration d’entretien : méthodes de mesure, comparaison des résultats Françoise RUGET LN.R.A., Laboratoire de Bioclimatologie, Domaine Brunehaut - Estrées-Mons, F 80200 Péronne. RÉSUMÉ Respiration de croissance, Repiration d’entretien, Analyse bibliographique. Au cours des dix dernières années, la respiration obscure a été beaucoup étudiée dans un but de modélisation en fonction de la photosynthèse et de la masse. La mise en évidence de chaque partie de la respiration, croissance ou entretien, a fait l’objet de nombreuses techniques. Les grandeurs mesurées ainsi que les fractionnements réalisés dépendent des méthodes employées. Elles sont décrites ici. Des expressions littérales des critères Y!, efficience de la croissance, et m, coût de l’entretien, en fonction des coefficients exprimant la respiration à partir de la photosynthèse et de la masse sont donnés. Les valeurs de Y o varient entre 50 et 95 p. 100, le plus souvent entre 70 et 80 p. 100, tandis que les valeurs de m s’étendent de 0,5 à 15 p. 100 selon l’âge (lorsqu’il s’agit d’organes) et les conditions de culture (température particulièrement). Aucune conclusion générale ne peut être tirée. SUMMARY Growth respiration, Maintenance respiration, Review. Growth respiration and maintenance respiration : a review of methods and results In the last decade, dark respiration has been largely studied as growth and maintenance components. These experiments were based on several methods which are presented here. The results of photosynthesis and respiration measurements depend on the methods used. They are presented, and literal expressions of growth efficiency (Y G ) and maintenance cost (m) are calculated as functions of a and b (photosynthesis and dry weight coefficients). The partitionning methods are schematized. Values of Y o are varying between 50 and 95 p. 100 (mostly 70-80 p. 100), whereas m values extend from 0,5 to 15 p. 100. These are functions of aging or growth conditions, especially temperature, for each group of experiments. It is impossible to draw up any general conclusion. 1. INTRODUCTION Les modèles de production de couverts végétaux ont pour principal objectif l’amélioration des prévisions de rende- ment de grandes cultures ; ils sont souvent fondés sur l’analyse des échanges de gaz carbonique du couvert. Les études ont porté essentiellement sur la quantification de la photosynthèse mais la respiration, terme négatif du bilan, ne peut être négligée puisqu’elle représente de 20 à 50 p. 100 de la quantité de gaz carbonique fixé. La quantification du rejet de gaz carbonique est abordée par l’intermédiaire du rôle qu’assure l’énergie libérée en même temps dans la plante, bien que la correspondance entre rejet de gaz carbonique et énergie ne soit pas parfaite. La décomposition de la respiration à partir des deux rôles qu’elle assure dans la plante entière a été entreprise depuis la démonstration de MCCREE & T R O U G H’ ro N (1966a). On sait que la photosynthèse croît avec l’indice foliaire jusqu’à un plateau : si la respiration augmentait linéairement avec l’indice foliaire, leur différence, la croissance quotidienne, présenterait un maximum en fonction de l’indice foliaire ; il aurait donc existé un indice foliaire optimal (DO NALD , 1961), ce que de nombreuses expériences ont tenté de prouver sans succès. Des expériences complémentaires montrent que la respiration varie avec la photosynthèse du jour précédent d’une part, et la masse du végétal d’autre part, (M C REE & T ROUGHTON , 1966b). Une troisième partie a parfois été proposée, dite respira- tion de luxe (« idling respiration ») : ce serait une simple dépense d’énergie qui ne correspondrait à aucun besoin ; cette hypothèse semble avoir été abandonnée (S EM ncHA- TovA, 1970). L’idée que la respiration d’une nuit est fonction de la photosynthèse (P) et de la masse (M) a été largement utilisée expérimentalement puis formulée mathématique- ment. Des tentatives d’interprétation biochimique ont éga-