A240 77 e congrès de médecine interne, Lyon du 27 au 29 juin 2018 / La Revue de médecine interne 39 (2018) A118–A252 CA227 L’hypogammaglobulinémie dans un service de médecine interne : à propos de 48 cas N. Ghriss * , A. Hajjem , A. Atig , S. Jaouadi , A. Bouker , E. Ben Haj Ali , A. Guiga , F. Bahri , I. Akkari , E. Ben Jazia , N. Ghannouchi Médecine interne, CHU Farhat-Hached, Sousse, Tunisie * Auteur correspondant. Adresse e-mail : nouha ghriss@yahoo.fr (N. Ghriss) Introduction L’hypogammaglobulinémie, dépistée par l’électrophorèse des protéines, se définit par un taux de gam- maglobulines inférieur à 8 g/L. De découverte parfois fortuite, elle peut être associée à différentes pathologies. L’objectif de notre étude est de déterminer les signes cliniques, les anomalies biologiques associées et le profil étiologique des hypo- gammaglobulinémies dans un service de médecine interne. Patients et méthodes Il s’agit d’une étude monocentrique, rétros- pective et descriptive, colligeant 48 patients suivis au service de médecine interne, entre 2008 et 2017. Tous les patients avaient un taux de gammaglobuline inférieur à 8 g/L en dehors des déficits immunitaires communs variables. Résultats Notre série a recensé 48 patients, répartis en 25 hommes et 23 femmes. L’âge moyen au moment du diagnostic de 55,7 ans avec des extrêmes entre 17 et 90 ans. Les symptômes motivant la réalisation d’EPP étaient des mani- festations respiratoires dans 12,8 % des cas (n = 6), des diarrhées chroniques dans 12,5 % des cas (n = 6), des arthralgies et des myal- gies dans 25 % des cas (n = 12). Les signes généraux étaient retrouvés chez 29 patients (61,7 % des cas) et une fièvre était notée chez 12 patients (25,5 %). Des adénopathies périphériques étaient notées à l’examen dans 12,8 % des cas (n = 6). Les œdèmes des membres inférieurs étaient retrouvés dans 29,2 % des cas (n = 15). Une splé- nomégalie était objectivée chez 10 patients et associée à une hépatomégalie dans 6 cas. Biologiquement, une hypoalbuminémie était retrouvée chez 91,1 % des patients, associée dans 66,7 % des cas à une hypoprotidé- mie. Une fuite rénale objectivée par une protéinurie supérieure à 0,5 g/24 h était retrouvée chez 8 patients. Une anémie hypochrome microcytaire était notée dans 70,1 % des cas (n = 33). Une cytopénie à type de lymphopénie retrouvée chez 13 patients dont 7 avaient une leucopénie associée. Une perturbation du bilan phosphocal- cique type hypocalcémie retrouvée chez 6 patients, par contre une hypercalcémie a été notée chez 4 patients. Les stigmates de malabsorption à type d’hypocholestérolémie étaient retrouvés dans 29,6 % des cas (n = 8), associée à une hypo- triglycéridémie dans 3 cas. Une hypokaliémie était notée chez 4 patients et un TP bas chez 5 autres patients. Les hémopathies malignes représentaient l’étiologie la plus fré- quemment retrouvée (34 % des cas). Il s’agit de myélome multiple (n = 6), leucémie lymphoïde chronique (3 cas), lymphome non Hodgkinien B (n = 2), lymphome T (2 cas), syndrome myélodys- plasique (2 cas) et 1 cas de lymphome Hodgkinien. Les maladies systémiques étaient notées dans 14,5 % des cas (syndrome de che- vauchement, sarcoïdose, myosite inflammatoire, maladie de Behc ¸ et et maladie cœliaque) et le syndrome néphrotique chez 5 patients dont 2 cas secondaire à une amylose. Les tumeurs solides ont été retrouvées chez 4 patients (2 tumeurs de la prostate, 1 tumeur rénale, 1 adénocarcinome gastrique). La corticothérapie a été incri- minée chez 1 patient. Le diagnostic étiologique était indéterminé dans 25,5 % des cas. Conclusion L’hypogammaglobulinémie peut être secondaire à diverses pathologies. Devant la fréquence considérable de patho- logies malignes potentiellement graves, il faut entreprendre un enquête minutieuse afin de poser rapidement le diagnostic positif et instaurer un traitement adapté. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.revmed.2018.03.249 CA228 Étiologies associées aux hypergammaglobulinémies polyclonales : revue systématique de la littérature C. Beuvon 1,* , M. Puyade 2 , J.P. Martellosio 1 , E. Meriglier 3 , P. Roblot 4 1 Médecine interne, CHU de Poitiers, Poitiers, France 2 Service d’oncologie hématologique, CHU de Poitiers, Poitiers, France 3 Service de médecine interne, CHU de Poitiers, Poitiers, France 4 Medecine interne, 2, rue de la Milétrie, Poitiers, France * Auteur correspondant. Adresse e-mail : cbeuvon@gmail.com (C. Beuvon) Introduction L’hypergammaglobulinémie polyclonale (HP) reflet de l’activation aspécifique des lymphocytes B est associée à diverses étiologies. Toutefois, sa physiopathologie est mal connue et la conduite à tenir devant la découverte fortuite d’une HP est mal codifiée. L’objectif de ce travail est de répertorier les différentes étiologies associées aux HP. Matériels et méthodes Deux auteurs indépendants ont réalisé une revue systématique de la littérature (base de données Medline, Science direct, Cochrane Database). Les mots clés utilisés étaient le terme Mesh ((((« Hypergammaglobulinemia » [Mesh])) NOT « Multiple Myeloma » [Mesh]) NOT « Waldenstrom Macroglobuli- nemia »[Mesh]) NOT « Monoclonal Gammopathy of Undetermined Significance » [Mesh] et « polyclonal gammopathy ». Les articles en anglais et en franc ¸ ais contenant le terme recherché dans le titre ou dans le résumé parmi lesquels l’HP pouvait être rattachée à une étiologie ont été inclus. Les articles discordants entre les deux auteurs ont fait l’objet d’une concertation pour l’inclusion ou l’exclusion. Les étiologies identifiées dans les articles retenus ont été recueillies et classées en groupes nosologiques. Résultats Sur les 809 articles initialement identifiés par la recherche 335 ont été retenus pour la revue. 88 étiologies diffé- rentes ont été répertoriées. Les principaux groupes nosologiques étaient les pathologies infectieuses, les hépatopathies, les hémo- pathies malignes et non malignes, les maladies auto-immunes, auto-inflammatoires, neurologiques, génétiques, métaboliques, les néoplasies, et les granulomatoses. Neuf articles font également état des conséquences de l’hyperviscosité sanguine liée à l’HP. Conclusion Il s’agit de la première revue de la littérature depuis 2001 [1] recensant les étiologies des HP. Ce travail préliminaire ouvre des perspectives pour proposer un bilan étiologique pro- gressif adapté à la pratique clinique. Des études complémentaires de cohorte sont nécessaires pour approcher plus précisément la fréquence de chaque étiologie au sein des HP, définir un seuil diag- nostique et préciser les conséquences des HP. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. Références [1] Dispenzieri A, Gertz MA, Therneau TM, Kyle RA. Retrospec- tive cohort study of 148 patients with polyclonal gammopathy. Mayo Clin Proc 2001;76(5):476–87. https://doi.org/10.1016/j.revmed.2018.03.250