S364 JDP 2018 calculs pyélo-caliciels bilatéraux non obstructifs. Le diagnostic de cytostéatonécrose diffuse compliquée du nouveau-né était retenu. Le réchauffement du bébé était conseillé ainsi qu’un antalgique. L’hyperhydratation était prescrite sous surveillance pédiatrique. L’évolution était marquée par un début d’involution des lésions cutanées à 2 mois de vie, une baisse de la calcémie et des tri- glycérides mais persistance de lithiase rénale. Discussion Cette pathologie est rare. Le diagnostic est clinique devant l’apparition précoce de zones douloureuses d’hypodermite aiguë. L’histologie correspond à une panniculite lobulaire avec nécrose et cristallisation graisseuses, infiltrat granulomateux, dépôts calciques. Les facteurs de risque retrouvés chez ce bébé sont le traumatisme obstétrical, la souffrance et l’hypoxie périnatales, et bien que controversée, la macrosomie fœtale. Les complications locales sont possibles. Le risque majeur est l’hypercalcémie secon- daire, avec ses propres conséquences, corrélée à l’extension des lésions cutanées. L’hyperhydratation et l’abstention de supplémen- tation en vitamine D sont obligatoires dans ce cas. Conclusion Cette pathologie bénigne, mais dont les complications sont potentiellement graves, justifie un dia- gnostic clinique précoce, une prévention de souffrance et hypoxie périnatales et une surveillance biologique. Mots clés Cytostéatonécrose du nouveau-né ; Hypercalcémie ; Lithiase rénale ; Hypertriglycéridémie Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.annder.2018.10.009 F08 Mélanodermie diffuse : penser à une hypovitaminose B12 S. Boufarguine * , R. Gammoudi , N. Ghariani , L. Boussofara , S. Mokni , A. Aounallah , W. Saidi , C. Belajouza , M. Denguezli , R. Nouira Service de dermatologie, CHU Farhat Hached, Sousse, Tunisie * Auteur correspondant. Introduction Les carences nutritionnelles ont généralement une symptomatologie polymorphe touchant plusieurs organes, ce qui rend leur diagnostic difficile. Rares sont les carences qui se déclarent par une manifestation cutanée. Observation Nous rapportons le cas d’une patiente âgée de 90 ans sans antécédents, vivant seul, consultant pour un prurit généralisé féroce évoluant depuis 3mois, chez qui l’examen derma- tologique a montré des placards hyperpigmentés généralisés avec un aspect lichénifié. Un bilan était demandé revenu sans anomalie à l’exception de la numération de la formule sanguine qui montrait une pancytopénie avec une anémie mégaloblastique arégénérative. Le dosage vitaminique a montré des taux effondrés de vitamine B12 et de folate (respectivement 185 pg/ml et 1,7 ng/ml). L’avis des hématologues était de la supplémenter à raison de 1000 gamma de vit B12/j pendant une semaine puis espacement des injections avec une prise journalière d’un comprimé de 5 mg d’acide folique et une diversification alimentaire. Ils ont retenu comme étiologie une carence d’apport vu que la patiente était édentée et prenait un régime restrictif fait d’aliments bouillis sans viande depuis plus que 25 ans. L’évolution était marquée par l’amélioration de la sympto- matologie. Le diagnostic d’une dermatose carentielle a été retenu. Discussion L’association entre hyperpigmentation et carence en vitamine B12 a été décrite. Les lésions siègent habituellement au niveau des plis de flexions, les plis palmaires et en regard des articu- lations métacarpophalangiennes, rarement généralisés comme dans notre cas. Son mécanisme demeure encore mal élucidé : une inhi- bition de la Tyrosinase par diminution du taux du glutathion réduit pourrait l’expliquer. À part l’atteinte hématologique, la carence en vitamine B12 peut engendrer une glossite, une symptomatolo- gie neuropsychiatrique et intestinale qui manquaient chez notre patiente. La carence en folates peut également donner une hyper- pigmentation ou une pigmentation brun gris. Mots clés Dermatoses carentielles ; Hyperpigmentation ; Vitamine B12 Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.annder.2018.10.010 F09 Une oreille rouge pas comme les autres : une vasculite particulière ? L. Nobile 1,* , C. Peeters 1 , D. Debois 1 , P. Van Eeckhout 2 , L. Marot 2 , C. Colmant 1 , D. Tennstedt 1 1 Service de dermatologie, cliniques universitaires Saint-Luc, Bruxelles 2 Service d’anatomopathologie, cliniques universitaires Saint-Luc, Bruxelles, Belgique * Auteur correspondant. Adresse e-mail : lnobile.dr@gmail.com (L. Nobile) Introduction Le lévamisole, un antihelminthique aux propriétés immunomodulatrices, peut être responsable de vasculites à ANCA de présentation clinique assez particulière bien que relativement spécifique. Observation Un jeune garc ¸on de 14 ans s’est présenté en consul- tation pour plusieurs lésions purpuriques très légèrement infiltrées et douloureuses de l’oreille droite et des chevilles, apparues en quelques jours. Peu de temps avant l’apparition de ces lésions, ses membres inférieurs s’étaient couverts d’un livedo ramifié discrète- ment visible et non symptomatique. Depuis un mois, il se plaignait d’asthénie et d’arthralgies. Le patient était atteint depuis plusieurs années d’un syn- drome néphrotique idiopathique traité avec succès par lévamisole (50 mg/j). Depuis 2 semaines, il avait repris son traitement après un arrêt de 3 semaines suite à l’apparition d’une leucopénie. La biologie a permis de mettre en évidence un trouble de la coa- gulation : temps de céphaline activée à 49,5 secondes (normes : 24,6—38,4), temps de prothrombine à 15,90 secondes (9,35—14,30), INR à 1,42 et temps de thrombine normal. La recherche des auto- anticorps a permis d’orienter le diagnostic grâce à la présence de p-ANCA à 1/5120, d’anticorps antimyeloperoxydases à 79 AU et d’anti-protéinase 3 à 16 AU. À la biopsie cutanée, il existait des microthrombi au sein de la lumière des vaisseaux de petit calibre accompagnés de nécrose épidermique. L’examen en immunofluorescence directe mettait en évidence des dépôts des fractions C3 et C1q du complément dans la paroi des vaisseaux de petit et moyen calibre présents dans le derme superficiel et moyen. Le diagnostic de vasculite à ANCA sur lévamisole a été posé. Une biopsie rénale a dès lors été réalisée mais elle n’a pas révélé d’atteinte rénale. Discussion Depuis les années 2000, le lévamisole a été retiré du marché suite à la survenue d’effets indésirables graves (agranulocy- tose, leucopénie et vasculite). Cet antihelminthique aux propriétés immunomodulatrice est cependant toujours disponible dans les pharmacies hospitalières pour traiter les syndromes néphrotiques idiopathiques, en cas d’échec ou de contre-indication à la corti- cothérapie systémique. L’intérêt de ce cas clinique réside dans la rareté de l’affection associée à la spécificité des symptômes cuta- nés. Depuis 2003, le nombre de cas de vasculites à ANCA a augmenté chez les cocaïnomanes. En effet, ceux-ci utilisent le lévamisole afin de potentialiser les effets et d’augmenter la masse totale de la cocaïne. En ce qui concerne les vasculites associées au lévamisole, la peau est l’organe le plus souvent atteint. Le purpura du visage et surtout des oreilles est caractéristique de cette affection.