Fig. 4 Coin en fer 0 5 cm 1 2 3 4 5 25 26 11 10 12 9 7 8 6 13 22 16 17 14 18 15 19 23 24 20 21 28 29 27 0 5 cm Bibliographie Andrews P., 1990, Owls, Caves and Fossils Predation, Preservation, and Accumulation of Small Mammal Bones in Cave, with an analysis of the Pleistocene Cave Faunas from Westbury-sub-Mendip, Somerset, UK, London, 231 pp. deru X., 1996, La céramique belge dans le nord de la Gaule, Publications d’Histoire de l’Art et d’Archéologie de l’Université Catholique de Louvain, 89, Louvain-la-Neuve, 1996. VAnderhoeVen A., erVynck A., 2007. Not in My Back Yard? The Industry of Secondary Animal Products within the Roman Civitas Capital of Tongeren, Belgium. In: Hingley R., Willis S., (eds.), Roman Finds , Oxford, Oxbow Books, p. 156-175. VAnderhoeVen A., Vynckier G., erVynck A., cooremAns B., 1992. Oudheidkundig bode- monderzoek aan de Kielenstraat te Tongeren (prov. Limburg) Interim verslag 1990-1993 Deel 1. De Voor-Flavische bewoning, Archeologie in Vlaanderen II, p. 89-146. VAnderhoeVen A., Vynckier G., Vynckier P., erVynck A., VAnderhoeVen m., dierendonck r., VAn heesch J., VAn neer w., 1993. Oudheidkundig bodemonderzoek aan de Veemarkt te Tongeren (prov. Limburg) Eind verslag 1988. Archeologie in Vlaanderen III, p. 127-205. WArry o. Tegulae. Manufacture, Typology and Use in Roman Britain, Bar British Series, 417, Oxford 2006. Une datation plus précise pour la construction du temple romain de la Keverstraat à Tongres. Le bassin WP4SP1 Peter COSYNS (Vakgroep Kunstwetenschappen en Archeologie, Vrije Universiteit Brussel), Veronique GUILLAUME (SOLVA - Dienst Archeologie) Emmy NIJSSEN (BAAC Vlaanderen), Nelly VENANT (Aspirant du F.R.S.-FNRS ; Centre de Recherches en Archéologie et Patrimoine, Université libre de Bruxelles ; Ghent University) Introduction Cette contribution vise à mettre en exergue l’intérêt de l’étude du bassin WP4 SP1 pour une datation plus ciblée du commencement des travaux de construction du temple. L’analyse contextuelle du bassin date non seulement la construction, l’utilisation et le comblement de cette structure, mais contribue également à une meilleure compréhension de cette partie de la ville romaine d’Atuatuca Tungrorum avant la construction du temple et comment elle a évolué jusqu’à devenir un sanctuaire de taille. Les résultats obtenus seront également utiles pour une étude comparative des temples de la Cité des Tongres et de la province de la Germanie Inférieur. Le bassin Le bassin est plus ou moins orienté nord-sud avec un accès au sud par un escalier (fg.1). La structure rectangulaire mesure 2,6 m sur 3,5 m (4,2 m avec l’escalier) et est clairement construite en bois. Le mur ouest contient également des blocs rectangulaires de 40 x 20 x 12 cm en argile crue. Lors des fouilles, cinq paquets ont été mis en évidence. Bien que l’étude détaillée du profl témoigne de huit couches, le comblement consiste clairement en seulement trois unités stratigraphiques qui se rattachent à la construction, au comblement et au scellement de la structure (tab. 1). unités stratigraphiques paquet description couches I paquet 0 scellement 0 paquet 1 deuxième partie du comblement 1-3 paquet 2 première partie du comblement 4-6 II paquet 3 utilisation de la structure 7 III paquet 4 construction de la structure 8 Tableau 1: aperçu des unités stratigraphiques du bassin WP4SP1 Il est exclu que la structure WP4SP1 soit un puits, une fosse septique, une toilette ou une cave. Au vu de la construction, de la profondeur de la structure, de la constitution du comblement, les paquets de couches de sédiments, la structure doit être interprétée comme bassin. Des structures comparables faisant défaut, une étude comparative n’est pas possible pour l’instant. Le matériel de construction Le matériel de construction rassemble essentiellement des tuiles ainsi que quelques fragments de pierres et de mortiers (tab. 2). Vu la grande hétérogénéité du matériel, cet empilement ne peut être interprété comme une couche de destruction du portique. La forme courbée de certaines tuiles témoigne non pas de ratés de cuisson, mais bien d’une production spécifque destinée à couvrir une voûte en berceau (wArry 2006, p. 110- 118, fg. 7.5, pl. 7.1). ces tuiles relèvent selon toute vraisemblance d’une période antérieure à celle de l’édifcation du temple. Il n’est donc pas exclu que le bassin fut recouvert d’un toit en voûte plutôt qu’à deux pans. Type nombre (n) % poids (kg) % Tegula 104 52 31,044 66,9 Imbrex 37 18,5 6,495 14,0 Fragment de tuile non-déterminable 32 16 1,082 2,3 Dalle 3 1,5 2,550 5,5 Mortier 10 5 0,427 0,9 Pierre 14 7 4,822 10,4 Total 200 100 46,420 100 Tableau 2. Comptage du matériel de construction du bassin WP4SP1 L’absence d’estampes penche en faveur d’une datation du bassin au I er ou au début du II e siècle ap. J.-C. L’absence de tuiles munies de trous de fxation confrme cette hypothèse ; en efet, la technique de fxation par clouage apparaît dans le courant du II e siècle en vue de l’édifcation rapide de structures plus légères. Cette technique impliquait également une réduction continue de l’encoche de la partie inférieure des tegulae, phénomène qui n’est pas observé sur le matériel issu du bassin, ce qui confrme également la datation avancée. Les encoches partiellement verticales (partie supérieure) et inclinées (partie inférieure) posent cependant un problème : elles relèvent du groupe C des tegulae de Warry datées de 160-260 ap. J.-C. mais dont l’introduction pourrait remonter à avant 100-120 ap. J.-C. (wArry 2006, p. 63-64, note 43). La céramique Le comblement du bassin a fourni 732 tessons pour 97 individus. De nombreux recollages entre tessons issus des diférentes couches ont été constatés, témoignant d’un remplissage rapide du bassin. La terre sigillée est peu représentée et compte uniquement des productions de Centre Gaule (Bet 28, 36, 55, 57 : fg. 2, 1à 5). La terra nigra domine le répertoire avec les types Deru BT2, BT4, A37, B21/22 en pâte septentrionale (fg. 2, 6-12) et des fragments de panses d’un pot Deru P54/56 en pâte champenoise (fg. é, 13). La céramique fne fumée du groupe de pâte septentrional est représentée par des pots Deru P10, une imitation Hofheim 26, deux couvercles et un fond percé (fg. 2, 14-24). L’inventaire de la vaisselle de table est complété par un pot en céramique dorée DOR2, 18-22 et une imitation de Drag. 35 en céramique engobée (fg. 2, 25-26). La céramique de transport et de stockage est peu représentée avec seulement un dolium Gose 458, une amphore D20 de Bétique et une cruche-amphore en pâte de Bavay (fg. 2, 27-29). Le répertoire de la vaisselle de cuisine est dominé par la céramique commune fumée de Tongres avec les types Ton15,Vanvinckenroye 498, 501, 503, 505, 560bis, 548, Stuart 201b, 202/210 et quelques couvercles (fg. 3, 1-31). La céramique à vernis rouge pompéien est illustrée par des plats Blicquy VI et des couvercles (fg. 3, 32-37). Nous mentionnerons également quelques individus en céramique commune sombre de Tongres (fg. 3, 38-41), une cruche Vanvinckenroye 410 (fg. 3, 42) et trois mortiers Stuart 149 et Vanvinckenroye 347 (fg. 3, 43-45). L’absence de céramique sigillée du sud de la Gaule, dans ce contexte de Tongres, nous situe incontestablement dans le II e siècle. Ce fait est conforté par la présence relativement abondante (31% de l’ensemble) de céramique fne fumée et par celle plus discrète de céramique dorée ainsi que par la faible proportion de céramique commune sombre de Tongres. La présence de céramique non tournée à l’état résiduel va également dans ce sens : elle disparait peu à peu, dans les ensembles de Tongres, dès l’époque augustéenne pour ne plus apparaître du tout dans le dernier quart du I er siècle. La présence simultanée dans ce contexte des mortiers Stuart 149 et Vanvinckenroye 347 accompagnés des plats Vanvinckenroye 548, des jattes Vanvinckenroye 501 et des pots Stuart 201b est assez caractéristique de l’horizon de synthèse VIII (120-165). La présence encore relativement abondante de terra nigra nous indique cependant que nous nous situons encore tôt dans le II e siècle. Face à ces données chronologiques, nous considérerons donc que cet ensemble est daté de la période de transition entre les horizons de synthèse VII et VIII. Le métal Les objets en métal sont peu nombreux et proviennent pour l’essentiel des couches supérieures du comblement. Outre un objet en plomb et deux fragments en alliage cuivreux, l’ensemble se compose exclusivement d’objets en fer, pour la plupart des clous. Quelques objets restent pour le moment non-identifables, mais certains relèvent vraisemblablement d’éléments de construction ou de fragments d’outil qu’une étude exhaustive, incorporant analyses chimiques, images à rayons X et restaurations, devrait permettre de déterminer plus précisément tant d’un point de vue fonctionnel que chronologique. La découverte d’un coin intact en fer est tout à fait singulière (fg. 4). Durant la période gallo-romaine, ce type d’outil était fréquemment utilisé par les bûcherons, les menuisiers, les tailleurs de pierre et les mineurs pour fendre le bois et la pierre. Vu sa forme, le coin issu du bassin a servi à fendre de la pierre. Ce coin a été très certainement utilisé pour le taillage des pierres lors des travaux de construction sur le chantier du temple. Sa présence dans ce contexte n’est donc pas étonnante. Conclusion L’étude du matériel du bassin nous a permis de mieux dater la construc- tion du temple. Avant les fouilles récentes, on situait la datation entre la révolte batave (69-70 apr. J.-C.) et la construction de la première enceinte (150-160 apr. J.-C.). Grâce à l’étude approfondie de la céramique, le comblement peut être daté dans le premier tiers du II e s. apr. J.-C., une datation qui est confrmée par les résultats de l’étude des tuiles. Le matériel archéozoologique, le métal et le verre n’aident peut-être pas à dater le bassin et son comblement, mais chaque partie de cette étude a livré un lot d’informations particulières démontrant que le bassin a été comblé alors que le site était un chantier de construction. Ainsi, la construction du temple romain de la Keverstraat à Tongres peut être datée des règnes de Trajan et Hadrien. La faune Le comblement du bassin a fourni 603 restes d’animaux, dont une partie a été isolée par tamisage (tab. 3). L’analyse de ces restes permet une distinction entre la phase d’utilisation du bassin et son comblement. Les restes issus de la couche 7, correspondant à la phase d’utilisation du bassin, appartiennent majoritairement à des grenouilles. Il s’agit de parties crâniennes et postcrâniennes, témoignant de la présence de ces individus dans le bassin durant son utilisation. Il est fort vraisemblable qu’il y ait eu un mélange entre les couches 6 et 7. Le comblement comptabilise 470 des 603 restes d’animaux, dont 233 ex. ont été récoltés manuellement et 237 ex. par tamisage. Une partie non négligeable est indéterminable, mais une huître (Ostrea edulis), 7 ex. d’amphibies, 16 ex. d’animaux myomorphes ont été identifés. Les amphibies provenaient de la couche inférieure du comblement, les myomorphes ont vraisemblablement été piégés dans le bassin (Andrews P. 1990, p. 94 ; O’Connor T. 2008 p. 126). Des 7 fragments de restes d’oiseaux, seulement 3 ossements – un tibia-tarse, une phalange et un fémur – ont pu être identifés comme appartenant à un poulet (Gallus gallus f. Dom). Ces restes de gallinacés sont vraisemblablement des rejets de consommation, comme le sont très probablement les deux os de lièvre (Lepus carpensis). La majorité des os se rattache au trois grands animaux de consommation : le porc ; le bœuf ; le mouton/chèvre. Seul un fragment de métacarpe de cheval ou d’équidé (Equidae) a été identifé. Ces restes doivent être considérés comme des déchets de consommation de viande et non comme un rejet d’activités artisanales. L’assemblage de déchets contient en efet des parties de squelette charnues comme les côtes, l’humérus et le fémur, mais également des parties moins charnues comme les métapodes. La prédominance des restes de mouton/chèvre est, au demeurant, très étonnante puisque ces derniers occupent habituellement à Tongres une place très marginale dans les assemblages (Vanderhoeven et al. 1992, 108; Vanderhoeven et al. 1993, 177; Vanderhoeven & Ervynck 2007, 174). Cette situation suppose un contexte particulier de consommation et de déposition de mouton/chèvre sur le site. Cet assemblage étant quantitativement réduit, il ne peut à lui seul permettre une extrapolation sur l’entièreté du site du temple. Nous resterons donc sur ce constat d’une prépondérance des moutons/chèvres dans le comblement en attendant des recherches complémentaires issues d’autres contextes du site. WP4-SP1 collecte manuelle échantillonnage détermination scellement comblement utilisation construction sous-total comblement utilisation sous-total total huitre 0 0 0 0 0 1 0 1 1 grenouille 0 0 0 0 0 7 4 11 11 poulet 0 1 0 0 1 2 0 2 4 bœuf 1 25 0 2 28 1 0 1 29 porc 0 10 2 0 12 0 0 0 2 mouton/chèvre 2 48 1 1 52 12 0 12 13 cheval 0 1 0 0 1 0 0 0 0 lièvre 0 0 0 0 0 0 2 2 2 myomorpha 0 0 0 0 0 16 1 17 17 côte indét. 1 106 13 0 120 6 1 7 20 vertèbre indét. 1 16 1 2 20 11 1 12 13 indéterminable 1 26 5 5 37 182 85 267 272 total 6 233 22 10 271 238 94 332 603 Tableau 3. Comptage des restes archéozoologiques provenant du bassin WP4SP1 32 33 34 35 37 36 43 45 44 42 40 41 38 39 3 4 5 6 13 14 15 16 17 7 11 8 9 10 12 21 20 19 18 2 22 23 24 25 29 27 26 28 30 31 1 0 5 cm Fig. 2. Terres sigillées (1 à 5), terra nigra (6 à 13), céramique fne fumée (14 à 24), céramique dorée (25), céramique peinte (26), dolium (27), amphore (28), cruche-amphore (29). Fig. 3. Céramique commune fumée (1 à 31), céramique à vernis rouge pompéien (32 à 37), céramique commune sombre (38 à 41),cruche (42), mortiers (43 à 45). humus podzosol Tongrien profil nord WP4SP1 niveau 1 couche 2 niveau 2 couche 5 couche 3 couche 4 couche 6 couche 7 couche 0 couche 1 niveau 1 profil est profil ouest WP4SP1-coupe 1 niveau 2 SP1-3 niveau 1 niveau 2 niveau 3 niveau 3 SP1-3 SP1-1 niveau 1 0 1,25 m paquet 1 paquet 2 paquet 3 SONDAGE 4N tranchée de récupération SONDAGE 4N 0 1,25 m tranchée de récupération du mur extérieur du portique Fig. 1. Bassin coupes et plan