MISE À JOUR TECHNIQUE DE LA SOGC Utilisation de progestérone pour la prévention de l’accouchement prématuré Résumé Objectif : Présenter de nouveaux renseignements quant à l’utilisation de progestérone pour prévenir le travail préterme et offrir des lignes directrices aux fournisseurs de soins obstétricaux qui conseillent les femmes quant aux mérites de cette option. Options : La présente discussion se limite à la progestérothérapie visant la prévention du travail préterme (TPT) chez les femmes qui courent des risques accrus de TPT. Résultats : Les recherches menées dans Medline et Cochrane Library ont permis d’identifier les résultats médicaux les plus pertinents. Le présent document constitue un résumé de ces résultats plutôt qu’une analyse méthodologique. La qualité des recommandations et le niveau des résultats sont décrits au moyen des catégories et des critères établis par le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs (Tableau 1). Valeurs : La présente mise à jour est issue du consensus atteint par le comité de médecine fœto-maternelle de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC). Avantages, désavantages et coûts : Les services de counseling offerts aux patientes courant des risques accrus de TPT devraient comprendre la prise en considération des avantages potentiels du recours à la progestérone et la reconnaissance du caractère limité de nos connaissances en ce qui concerne de nombreuses issues néonatales et la posologie optimale. Commanditaire : Société des obstétriciens et gynécologues du Canada. Recommandations 1. Les femmes courant des risques de TPT devraient être incitées à participer aux études sur le rôle de la progestérone dans la baisse des risques de travail préterme. (I-A) 2. Les femmes devraient être avisées de l’absence de données en ce qui concerne bon nombre de variables liées aux issues néonatales, ainsi que de l’absence de données comparatives en matière de posologie et de voie d’administration. Les femmes dont le col utérin est court devraient être avisées des résultats du seul ECR d’envergure démontrant les avantages du recours à la progestérone pour la prévention du TPT. (I-A) 3. Les femmes et leurs fournisseurs de soins devraient être conscients que le fait d’avoir déjà connu un travail préterme spontané et/ou la présence d’un col utérin court (< 15 mm entre la 22 e et la 26 e semaine de gestation) décelé par échographie transvaginale pourraient être utilisés à titre d’indications pour un traitement prophylactique à la progestérone. Ce traitement devrait débuter après la 20 e semaine de gestation et prendre fin lorsque le risque de prématurité est faible. (I-A) 4. En fonction des données issues des ECR et des méta-analyses, il est recommandé d’adopter les posologies suivantes dans les cas où le médecin et la patiente ont choisi d’avoir recours à la progestérone : Pour la prévention du TPT chez les femmes qui présentent des antécédents de TPT : 17 alpha-hydroxyprogestérone à raison de 250 mg IM par semaine (I-B) ou progestérone à raison de 100 mg par jour, par voie vaginale. (I-A) 72 l JANUARY JOGC JANVIER 2008 MISE À JOUR TECHNIQUE DE LA SOGC La présente mise à jour technique a été analysée par le comité de médecine fœto-maternelle et approuvée par le comité exécutif de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada. AUTEURS PRINCIPAUX Dan Farine, MD, Toronto (Ont.) William Robert Mundle, MD, Windsor (Ont.) Jodie Dodd, MD, Toronto, (Ont.) COMITÉ DE MÉDECINE FŒTO-MATERNELLE Melanie Basso, inf. aut., Vancouver (C.-B.) Marie-France Delisle, MD, Vancouver (C.-B.) Dan Farine (président) MD, Toronto (Ont.) Kirsten Grabowska, MD, Vancouver (C.-B.) Lynda Hudon, MD, Montréal (Québec) Savas Michael Menticoglou, MD, Winnipeg (Man.) William Robert Mundle, MD, Windsor (Ont.) Lynn Carole Murphy-Kaulbeck, MD, Allison (N.-B.) Annie Ouellet, MD, Sherbrooke (Québec) Tracy Pressey, MD, Vancouver (C.-B.) Anne Roggensack, MD, Toronto (Ont.) Robert Gagnon, MD, London (Ont.) Mots clés : Preterm labour, progesterone, short cervix, prematurity Les mises à jour technique font état des percées récentes et des progrès cliniques et scientifiques à la date de publication de celles-ci et peuvent faire l’objet de modifications. Il ne faut pas interpréter l’information qui y figure comme l’imposition d’un mode de traitement exclusif à suivre. Un établissement hospitalier est libre de dicter des modifications à apporter à ces opinions. En l’occurrence, il faut qu’il y ait documentation à l’appui de cet établissement. Aucune partie de ce document ne peut être reproduite sans une permission écrite de la SOGC. N° 202, janvier 2008