Unités de soins intermédiaires Entre unité de soins intensifs et unité de lits «standard» Luca Lavina a , Michael Wehrli b , Thierry Fumeaux c a Secrétariat général SSMI; b Président gestionnaire SSMI; c Prof., président médecins SSMI, membre FMH Durant un séjour stationnaire à l’hôpital, les patients doivent être traités de la manière la plus compétente, au bon moment et au bon endroit. Où est la place des patients qui sont trop malades pour être pris en charge dans un service normal, mais qui en même temps ne nécessitent pas les mesures complexes de la médecine intensive? Cette question est pendant longtemps res- tée sans réponse claire et les patients étaient souvent traités dans des services qui n’avaient pas été conçus pour leur situation clinique. Toutefois, depuis tout juste 20 ans, on assiste à la création, dans les hôpitaux suisses de services qui sont précisément spécialisés dans le traitement de ces patients, dans le but de com- bler cet espace lacunaire entre unité de lits et unité de soins intensifs (USI). Depuis l’automne dernier, ces uni- tés de soins intermédiaires (en abrégé U-IMC) sont visi- tées et reconnues par un groupe de travail interdisci- plinaire et interprofessionnel, sous l’égide de la Société Suisse de Médecine Intensive (SSMI). La SSMI étant convaincue de la place primordiale des U-IMC dans le système de santé suisse, elle en a fait le thème princi- pal du SSMI Symposium de cette année, qui s’est tenu début mars à l’Inselspital de Berne. Reconnaissance ofcielle des U-IMC L’histoire des U-IMC a débuté vers la fn des années 1960. Les patients victimes d’infarctus du myocarde et présentant un risque accru de complications étaient regroupés dans des Coronary Care Units (unités de soins coronaires), où ils bénéfciaient d’une prise en charge globale par du personnel spécialisé, permettant de réduire considérablement la mortalité de ce groupe de patients. Sur le modèle des Coronary Care Units, des U-IMC ont commencé à voir le jour en Suisse au cours des années 1990. Toutefois, ce n’est qu’à partir de 2011 que neuf so- ciétés de discipline médicale et infrmière suisses ont élaboré, sous l’impulsion initiale de la SSMI, des direc- tives spécifques pour les U-IMC, dans le but de garantir la qualité des soins dans ces services. Depuis l’été der- nier, les U-IMC peuvent demander une reconnaissance ofcielle par une commission ad hoc, et ainsi facturer leurs prestations dans des DRG spécifquement prévus à cet efet, précise Constanze Hergeth de SwissDRG. Comme le souligne le Dr Jolanda Contartese, chefe de l’U-IMC de l’Hôpital cantonal de Baden et vice-prési- dente de la Commission pour la reconnaissance des unités de soins intermédiaires (CRUIMC), la plupart des U-IMC de Suisse se consacrent à une typologie de pa- tients particulière ou sont rattachées à une discipline médicale, comme les unités de soins coronaires. Il existe toutefois aussi en Suisse plusieurs U-IMC générales ou interdisciplinaires sans spécialisation particulière. Les U-IMC peuvent fonctionner de manière indépendante ou être rattachées à d’autres services (le plus souvent une USI) situés dans le même hôpital, voire dans un autre hôpital. Flexibilité et diversité L’ofre thérapeutique et la relation avec les autres ser- vices et cliniques dépendent en grande partie des mis- sions de l’U-IMC, des professionnels qui y travaillent, de l’hôpital et de la typologie des patients admis. Les directives pour la reconnaissance des U-IMC auto- risent une certaine fexibilité et par conséquent une grande diversité de ces services, ce qui constitue préci- sément l’une de leurs grandes forces. D’après Marco Maggiorini, ancien président de la SSMI, cela donne également la possibilité à de plus petites institutions, pour lesquelles l’exploitation d’une USI est trop coû- teuse, de mettre en place une U-IMC. A cet efet, ces ins- titutions doivent toutefois établir une coopération avec un hôpital doté d’une USI. Toutes les U-IMC ont comme point commun de traiter des patients ayant un besoin important de soins. Dans une USI, un infrmier ou une infrmière s’occupe d’un à deux patients; dans un service normal, un infrmier ou une infrmière s’occupe de jusqu’à huit patients (jusqu’à 24 durant la nuit). L’U-IMC se trouve entre les deux, avec trois à quatre patients par infrmier ou in- frmière. Il existe trois trajectoires diférentes qui mènent ces patients à une U-IMC, explique Elisabeth ORGANISATIONS DU CORPS MÉDICAL SSMI 802 BULLETIN DES MÉDECINS SUISSES – SCHWEIZERISCHE ÄRZTEZEITUNG – BOLLETTINO DEI MEDICI SVIZZERI 2017;98(25):802–803 Published under the copyright license “Attribution – Non-Commercial – NoDerivatives 4.0”. No commercial reuse without permission. See: http://emh.ch/en/services/permissions.html