Amélioration des soins médicaux: quels bénéfices en retour des dépenses consenties? Médecine intensive: apports pour la santé de la population Thierry Fumeaux a , Michael Wehrli b a Prof., Hôpital de Nyon, président des médecins de la Société Suisse de Médecine Intensive b Président de la Société Suisse de Médecine Intensive, Centre hospitalier universitaire de Bâle La médecine intensive est une discipline jeune qui a connu un développement rapide ces dernières décennies. Parallèlement à l’augmentation du nombre des uni- tés de soins intensifs, dont plus de 90 sont actuellement reconnues en Suisse, les moyens de prendre en charge les patients dans ces unités ont fortement progressé. Chaque année, près de 90 000 patients peuvent ainsi en bénéfcier, et voir leurs chances de survie nettement améliorées. La médecine intensive: des compétences hautement spécialisées au service des patients en état critique La médecine intensive s’occupe d’adultes et d’enfants menacés dans leur survie par une maladie aiguë sévère ou un traumatisme grave, ou ayant besoin de soins appropriés dans les suites d’une intervention chirurgi- cale majeure. Ces patients sont pris en charge dans des unités spécialisées par des médecins et infrmier(e)s spécifquement formés en médecine intensive, et qui collaborent avec des physiothérapeutes, des pharma- ciens, des diététiciens, et d’autres médecins spécia- listes. Cette interprofessionnalité, qui met à disposi- tion des compétences multiples, est une caractéristique essentielle des succès de la médecine intensive mo- derne. Les patients des soins intensifs présentent souvent des maladies complexes, associées à des atteintes de la fonction d’un ou plusieurs organes vitaux (poumons, cœur, foie, reins ou cerveau). Les soins intensifs visent à ofrir les meilleures chances de survie sans séquelles, par des techniques de soins comme les ventilateurs ar- tifciels, les appareils de dialyse (reins artifciels), ou des oxygénateurs extracorporels, et par l’utilisation de médicaments puissants comme les antibiotiques ou les substances améliorant la fonction du cœur et des vaisseaux. Le développement de ces moyens thérapeu- tiques, dont beaucoup n’étaient pas disponibles il y a quelques années, est un facteur à l’origine des succès de la médecine intensive moderne. Près de 90 000 patients sont admis chaque année dans une unité de soins intensifs en Suisse Les unités de soins intensifs suisses sont certifées par la Société Suisse de Médecine Intensive [1], société pro- fessionnelle regroupant les médecins et infrmiers spécialisés en médecine intensive. Les patients admis ont une moyenne d’âge de 62 ans, un patient sur cinq étant âgé de plus de 80 ans. Tous ces patients sont me- nacés dans leur survie, et plus d’un tiers auront besoin de ventilation mécanique ou de rein artifciel. En de- hors des accidents graves, les maladies conduisant les patients aux soins intensifs sont cardiovasculaires (30– 35%), respiratoires (10–15%), gastro-intestinales (10–15%) ou neurologiques (10–15%). La majorité des patients peuvent quitter les soins intensifs après 2 à 3 jours en moyenne [2], pour séjourner à l’hôpital et regagner en- suite leur domicile. Malgré des soins adaptés, quelques malades ne peuvent pas survivre, et l’accompagne- ment de fn de vie fait également partie de la médecine intensive. Monsieur C. est admis aux soins intensifs pour une pneumonie sévère: il doit être assisté par un ventilateur artificiel, avec des médicaments intraveineux pour soutenir son cœur et une ma- chine de dialyse pour remplacer ses reins qui ne fonctionnent plus. Grâce aux antibiotiques et à ces techniques, l’infection va être contrôlée et la situation s’améliorer progressivement. Après quelques jours, monsieur C. peut quitter les soins inten- sifs. Un épilogue heureux impensable il y a quelques années seulement! FMH Actuel 1208 BULLETIN DES MÉDECINS SUISSES – SCHWEIZERISCHE ÄRZTEZEITUNG – BOLLETTINO DEI MEDICI SVIZZERI 2017;98(38):1208–1209 Published under the copyright license “Attribution – Non-Commercial – NoDerivatives 4.0”. No commercial reuse without permission. See: http://emh.ch/en/services/permissions.html