EDITORIAL La laparoscopie durant la grossesse D1X X Yaron Gil, MD;D2X X D3X X Togas Tulandi, MD, MHCM, Rédacteur-en-chefD4X X C es derni eres ann ees, le bureau de la r edaction du JOGC a re¸ cu bien des manuscrits chirurgicaux associ es a la grossesse pour ses images du mois ou ses etudes de cas. Malheureusement, la plupart dentre eux netaient pas exceptionnels, et beaucoup darticles avaient d ej a et e publi es sur les m^ emes sujets. Cela dit, les principes de base de la chirurgie durant la grossesse restent dignes de mention. Dans cet editorial, nous r esumons les con- cepts fondamentaux de la laparoscopie durant la grossesse en nous attardant particuli erement a la prise en charge des masses annexielles. La chirurgie abdominale en pr esence dune grossesse intra- ut erine viable constitue en effet un d equi necessite une planication sufsante et une compr ehension profonde des risques potentiels pour la patiente et le fœtus. Lindica- tion gyn ecologique la plus fr equente pour la chirurgie durant la grossesse est la pr esence dune masse annexielle associ ee a des sympt^ omes graves r esultant dune torsion ovarienne ou la suspicion elev ee de malignit e. Il faut faire un examen pr eoperatoire complet, evaluer minutieusement quel est le meilleur traitement et inclure toutes les parties concern ees, y compris le chirurgien gyn ecologue, lobst etri- cien, lanesth esiste et le n eonatologiste. Le taux moyen de d etection de masses annexielles durant la grossesse est de 1 %. Le diagnostic est habituellement pos e au deuxi eme trimestre, et les masses les plus courantes sont les kystes du corps jaune, suivis des kystes dermo ıdes ou endometriomes et des autres kystes fonctionnels. Une malignit e, principalement dans les tumeurs germinales, est d etect ee dans 1 % a 5 % de toutes les masses annexielles pr esentes durant la grossesse. La plupart des masses sont diagnostiqu ees alechographie. Dans certains cas, une IRM est n ecessaire. Cet examen g en ere une image d etaill ee des structures des tissus mous, ne depend pas de lop erateur et nutilise pas de rayonnement ionisant. Elle est s ecuritaire durant la grossesse, sauf si on utilise du gad- olinium, un el ement associ e a un risque accru de d ec es intra-ut erin et neonatal et a diverses affections cutan ees inammatoires et inltrantes. Lutilisation de marqueurs tumoraux pour le diagnostic durant la grossesse est limit ee. En effet, le taux s erique de CA 125 monte a 550 U/ml durant le premier trimestre, et dautres marqueurs, comme lantig ene carcinoembryonnaire et le CA 19-9, augmentent aussi, surtout au troisi eme trimestre. En g en eral, les masses annexielles d etect ees durant la gros- sesse peuvent ^ etre prises en charge de fa¸ con non interven- tionniste jusqua la p eriode postpartum. Cependant, quand la chirurgie est indiqu ee, il est pr ef erable de la pratiquer au d ebut du deuxi eme trimestre, ce qui r eduit le risque de fausse couche au premier trimestre (jusqua 20 %) et la possibilit edaccouchement pr ematur e au troisi eme tri- mestre. En fonction de lexpertise du chirurgien, une approche laparoscopique peut ^ etre pr ef erable. Les pr eoccupations relatives a la laparoscopie durant la gros- sesse comprennent les blessures du fœtus, la diminution de lapport sanguin alut erus caus ee par un pneumop eritoine de dioxyde de carbone et lacidose fœtale. Toutefois, dans un essai randomis e, Chen et ses coll egues ont trouv e que comparativement a la laparotomie, la laparoscopie etait associ ee a moins de pertes sanguines, a des s ejours alh^ opi- tal plus courts et a des douleurs postop eratoires moins intenses. 1 La dur ee de lintervention, lindice dApgar et le poids de naissance etaient comparables entre les deux groupes. De m^ eme, dans une etude r etrospective portant sur pr es de 20 000 femmes qui avaient subi une appendi- cectomie ou une chol ecystectomie, la chirurgie laparoscopi- que a et e associ ee a un risque inf erieur dissues obst etricales indesirables par rapport a la laparotomie. 2 Elle a aussi et e associ ee a une r eduction de la manipulation des organes pelviens et a une amelioration de lexposition. LIGNES DIRECTRICES GÉNÉRALES 3 La plupart des masses annexielles pr esentes durant la grossesse peuvent ^ etre prises en charge de fa¸ con non interventionniste. Y. Gil T. Tulandi J Obstet Gynaecol Can 2019;41(1):5-6 https://doi.org/10.1016/j.jogc.2018.10.028 Copyright © 2019 The Society of Obstetricians and Gynaecologists of Canada/La Societe des obstetriciens et gynecologues du Canada. Published by Elsevier Inc. All rights reserved. JANUARY JOGC JANVIER 2019 5