Biomarqueurs en imagerie pour l’évaluation
des nouvelles thérapies anticancéreuses
C.A. Cuenod
1,2
, L. Fournier
1,2,3
, D. Balvay
1,2
, R. Thiam
1,2
, S. Oudard
3
1
Service de radiologie, hôpital européen Georges-Pompidou, 20, rue Leblanc, F-75908 Paris cedex 15 Paris, France
2
Université Paris-Descartes, LRI Inserm U970 Parcc HEGP, France
3
Service de cancérologie, hôpital européen Georges-Pompidou, 20, rue Leblanc, F-75015 Paris, France
Correspondance : ca@cuenod.net
Reçu le 12 janvier 2010 ; accepté le 15 février 2010
Biomarkers in imaging
for evaluation of new cancer
therapies
Abstract: Evaluation of treat-
ments is becoming a critical issue
in oncology for the development
of new drogues and for individual
treatment monitoring. The crite-
ria commonly used for these eva-
luations are based on the evolu-
tion of the size of the lesions; The
RECIST criteria being the more
commonly used. Tumor shrin-
king, however, is a late event
and is moderate with the new tar-
geted drugs such as the antian-
giogenic molecules. Therefore,
the evaluation of new drugs re-
quires large cohorts and the indi-
vidual monitoring is not optimal.
The use of functional imaging
techniques such as MRI, CT, US
or positron emission tomography
(PET) is shading new hopes in the
field, because the functional pa-
rameters given by these new
techniques (perfusion, permeabi-
lity, diffusion, metabolism, che-
mical composition or elasticity)
are altered early under therapy.
These functional parameters may
become useful biomarkers for the
development of the new drugs
and for individual monitoring. They
need, however, to be evaluated
on larger studies and to be stan-
dardized.
Keywords: Cancer – RECIST –
Functional imaging – Perfusion –
Permeability – Diffusion – Bio-
markers – DCE-imaging
Résumé : L’évaluation des traite-
ments est un enjeu de plus en plus
important en cancérologie, qu’il s’a-
gisse de l’évaluation des nouveaux
traitements ou du monitoringindivi-
duel d’un patient. Les critères
utilisés actuellement sont morpho-
logiques, basés sur l’évolution de
la taille des lésions, tels que les critè-
res RECIST. Mais les variations
de tailles sont retardées, et avec les
nouveaux traitements ciblés tels
que les antiangiogéniques, elles
sont faibles. Cela implique l’utilisa-
tion de larges cohortes pour mettre
en évidence l’efficacité d’un traite-
ment et rend difficile le monitoring
individuel. L’utilisation des techni-
ques d’imagerie fonctionnelle, en
scanner, en IRM, en échographie
ou en tomographie par émission
de positrons (TEP), apporte de
nouveaux espoirs. Les paramètres
obtenus grâce à ces techniques (per-
fusion, perméabilité, diffusion, mé-
tabolisme, composition, élasticité)
sont modifiés précocement par les
traitements. Ces paramètres fonc-
tionnels pourraient devenir des bio-
marqueurs pour l’évaluation et le
suivi des traitements. Les études
ayant démontré leur utilité sont
préliminaires, il reste à standardiser
les techniques d’acquisitionetà éva-
luer à plus large échelle, en fonction
des situations cliniques, quels sont
les paramètres fonctionnels les plus
adaptés.
Mots clés : Cancer – RECIST –
Imagerie fonctionnelle – Perfusion –
Perméabilité – Diffusion –
Biomarqueurs
Introduction
La médecine s’appuie de plus en
plus sur de données objectives
afin de permettre des prises de
décisions rationnelles et afin d’éva-
luer l’efficacité des stratégies théra-
peutiques. Elle fait ainsi appel aux
« biomarqueurs » qui sont des indi-
cateurs de processus biologiques
normaux, de processus pathologi-
ques ou de réponse à un traitement,
basés sur des caractéristiques
mesurées et quantifiées [4]. Ces
biomarqueurs peuvent être obte-
nus sur les prélèvements de fluides
ou de tissus ou sur des images.
L’imagerie joue un rôle central tout
au long de la prise en charge des
cancers, depuis le dépistage, jus-
qu’au traitement par radiologie
interventionnelle. À chacune des
étapes de la prise en charge, l’ima-
gerie rencontre des challenges
spécifiques. L’évaluation de l’effica-
cité des traitements et le suivi de
la réponse aux traitements sont
devenu un domaine où l’imagerie
est devenue indispensable. Elle est
confrontée actuellement à l’appari-
tion des nouvelles thérapies ciblées
qui ont souvent un effet plus cyto-
statique que cytolytique.
Le suivi radiologique tradition-
nel d’un traitement fait appel à une
imagerie morphologique basée
sur la modification de taille des
masses tumorales. Mais ces modi-
fications de taille sont générale-
ment lentes et des mois de
traitement inefficace peuvent se
dérouler, avec une perte de chance
et une dégradation de la qualité de
ONCOLOGIE
Oncologie (2010) 12:178-186
© Springer-Verlag France 2010
DOI 10.1007/s10269-010-1870-2
Imagerie et oncologie
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