1401 Développement intrathymique des lymphocytes T : rôle des peptides du soi dans le processus de sélection positive Au cours du développement des lymphocytes T αβ, le pro- cessus de sélection positive requiert l’interaction du récepteur de l’antigène (TCR) avec les molécules du complexe majeur d’histocompatibilité (CMH) exprimées à la surface des cel- lules épithéliales du cortex thymique. On s’est longtemps demandé si l’interaction TCR-CMH est intrinsèquement suffi- sante ou si les peptides du soi complexés aux molécules du CMH remplissent un rôle particulier lors de la sélection posi- tive. L’utilisation d’animaux génétiquement modifiés, présen- tant des altérations des processus d’apprêtement et/ou de présentation de l’antigène a permis de montrer que la diver- sité des peptides du soi présentés par les molécules du CMH a un impact direct sur l’efficacité du développement des lym- phocytes CD4 + et CD8 + . L’ensemble de ces résultats expéri- mentaux indique que le développement intrathymique des lymphocytes T αβ, et par conséquent l’élaboration du réper- toire T fonctionnel, est fondée sur la reconnaissance des peptides du soi au cours du processus de sélection positive. ADRESSE Y. Laouar, C. Viret : Section of Immunobio- logy, Yale University School of Medicine, 333 Cedar street, FMB 402, New Haven, CT 06520-8011, États-Unis. SYNTHÈSE médecine/sciences 1999 ; 15 : 1401-10 m/s n° 12, vol. 15, décembre 99 Yasmina Laouar Christophe Viret C hez les vertébrés, les lym- phocytes T constituent un compartiment cellulaire indispensable au dévelop- pement d’une réponse immunitaire spécifique efficace lors des processus infectieux. Les lympho- cytes T, au sens large, regroupent plusieurs types de populations qui diffèrent par leur caractéristiques phénotypiques et fonctionnelles. Les lymphocytes T αβ qui se développent au sein du thymus sont dits « clas- siques » et représentent la population majoritaire et la mieux étudiée. Au terme de leur maturation intrathy- mique, les thymocytes ressemblent aux lymphocytes T périphériques ; ils expriment fortement, selon une dis- tribution clonale, un récepteur de l’antigène (TCR) constitué des glyco- protéines α et β ainsi que le co-récep-