Actu Oecologica 19 (3) (1998) 25 l-262 / 0 Elsevier, Paris Ouragans et diversit biologique dans les for&s tropicales. L’exemple de la Guadeloupe Daniel Imbert I*. Alain Rousteau ‘, Patrick LabbC 2 ’ Laboratoire de biologic &g&ale, universitk des Antilles Pt de la Guyane, BP 592, 97159 Pointe--H-Pike cedex, France. ’ Station de rechprches fwesti&res, Institut national de la recherche agronomipue, BP 1232, 97184 Pointe-&Pi&e cedex, France, * Corresponding author vax: (590) 93 86 81; c. mail: daniel.imbert@uniuag.fi) Received September 18, 1996; revised April 11, 1997; accepted March 23, 1998 Abstract - In this work, we consider the role played by hurricanes in the maintenance of high biodiversity, and we look at how biodiversity may influence the response of tropical forest ecosystems to hurricane disturbances. After hurricane Hugo struck Guadeloupe in 1989, we started a comparative study on the resistance and the resilience of the rain forest, the semi-deciduous forest and the mangrove forest. It appeared that the resistance of these forests was positively linked to their diversity, which was assessed both through flora richness and structure complexity (resul- ting from the variety of life forms). Examples of species specific resistance or vulnerability occur in the three forests; however, the higher the eco- system’s diversity, the fewer and the weaker they are. Abundant species tend to be less vulnerable than others - at least in the rain forest and in the semi-deciduous forest. Forest recovery operates mainly through pre-existing individuals (surviving trees, coppicing stumps, saplings or seed- lings). Pioneer species may slightly and temporarily benefit from large openings, especially in the rain forest. Strong recurrence of hurricanes may lead to the extinction of some rare, vulnerable, short-range disseminating, non pioneer species. 0 Elsevier, Paris Biodiversity I hurricanes I mangrove / tropical rain forest I tropical semi-deciduous forest I resilience I resistance RCsumk - Dans ce travail, nous nous interessons au role des ouragans dans le maintien de la biodiversite, et a la relation entre la biodiversite et la sensibilite des Bcosystemes forestiers tropicaux a ce type de perturbation. Une etude comparative de la resistance et de la resilience des peuple- ments de la for& dense humide, de la for& semi-decidue, et de la mangrove a tte entreprise apres le passage de l’ouragan Hugo sur la Guadeloupe en 1989. I1 apparait que la resistance de ces formations forestitres est positivement IiCe a leur diversite, celle-ci &ant appreciee tant par la richesse floristique que par la complexitd structurale (qui resulte de la varitm des types biologiques). Des sensibilitts ou des resistances sptcifiques exis- tent dans les trois for&s comparees ; elles sont cependant d’autant moins nombreuses et prononcees que la diversite de l’bcosysttme est &levee. Les esp&ces abondantes tendent a &tre moins sensibles que les autres - au moins en for& dense humide et en for&t semi-dtcidue. La restauration des peuplements est pour l’essentiel realisee a partir d’individus pre-existants (arbres survivants, souches Cmettant des rejets, jeunes arbres ou plantu- les). Principalement en for& dense humide, des espbces pionnitres peuvent etre moderement et provisoirement favorisees par les grandes ouver- tures. Une forte recurrence des ouragans pourrait conduire a la disparition de certaines especes non pionnieres, rares, sensibles aux traumatismes, et 5. faible pouvoir de dissemination. 0 Elsevier, Paris Biodiversitk I ouragans I for& tropicale dense humide I foret tropicale semi-dkidue I mangrove I rkilience I resistance 1. INTRODUCTION La preoccupation grandissante se developpant amour de l’erosion de la diversite biologique constatee a l’echelle de la biosphere souleve notamment la question du role des perturbations naturelles (Cven- tuellement accentue par les changements climatiques contemporains) dans le maintien de la biodiversite des Ccosystemes. Dans les forets naturelles, les chablis interviennent de facon determinante dans la croissance et la regeneration [ 1, 15, 19, 28, 291. Selon Connell [7], un certain niveau de perturbation est necessaire au maintien dune richesse specifique maximale. Des per- turbations trop rares ou de trop faible intensite mena- cent les populations des taxons opportunistes, tandis que des perturbations trop frequentes ou trop intenses peuvent mettre en peril les espbces les plus speciali- sees. Prevost et Sabatier [26] observent qu’en for&t guyanaise la diversite du peuplement arbor% est posi- tivement co&lee a la presence de taxons heliophiles. Les resultats des simulations realisees par Doyle [lo] pour la << Tabonuco Forest Y de Porto-Rico, montrent qu’en l’absence d’ouragan la moitie des esp&ces d’arbres disparaitraient en cinq siecles. Doyle en deduit que l’absence de ce type de perturbation favo- riserait les esp&es tolerantes vis-a-vis des faibles Cclairements se regenerant par auto-remplacement.