Congrès / Nutrition clinique et métabolisme 33 (2019) 4–114 29 Conclusion Ainsi, nos données suggèrent que l’activité hépato- cytaire d’ERest cruciale afin de limiter le développement d’une stéatohépatite et d’une fibrose par des mécanismes qui restent à être identifiés. La prévention des stéatohépatites et de leurs compli- cations est considérée depuis quelques années comme un des enjeux majeurs de santé publique. Nos résultats pourraient ouvrir des perspectives intéressantes pour le développement de nouvelles stratégies d’activation d’ERqui pourraient être restreintes au foie. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.nupar.2019.01.268 CO61 Consommation d’aliments ultra-transformés et risque de maladies cardiovasculaires dans la cohorte NutriNet-Santé B. Srour 1, , L.K. Fezeu 1 , E. Kesse-Guyot 1 , B. Allès 1 , C. Méjean 2 , R.M. Andrianasolo 1 , E. Chazelas 1 , M. Deschasaux 1 , S. Hercberg 1,3 , P. Galan 1 , C.A. Monteiro 4 , C. Julia 1,3 , M. Touvier 1 1 Équipe de recherche en epidemiologie nutritionnelle EREN – UMR U1153 Inserm/U1125 Inra/Cnam/Université Paris 13 centre de recherche en epidemiologie et biostatistiques Sorbonne Paris Cité, Bobigny 2 UMR MOISA, INRA CIRAD, Montpellier 3 Département de santé publique, hôpital Avicenne, Bobigny, France 4 Département de nutrition, université de Sao Paulo, Sao Paulo, Brésil Auteur correspondant. Adresse e-mail : b.srour@eren.smbh.univ-paris13.fr (B. Srour) Discipline Epidémiologie. Introduction et but de l’étude Les conséquences de l’augmentation récente de la consommation d’aliments ultra-transformés (AUT) sur la santé sont mal connues. Les AUT présentent en moyenne une moins bonne qualité nutritionnelle, contiennent des additifs alimentaires et peuvent contenir des substances provenant des emballages, ainsi que des composés néoformés. Des études épi- démiologiques antérieures ont trouvé des associations entre la consommation d’AUT et une incidence plus élevée de certaines maladies chroniques. Récemment, la consommation d’AUT a été associée à des risques plus élevés de cancers dans la cohorte NutriNet-Santé. Certaines études mécanistiques suggèrent des effets cardiométaboliques pour plusieurs composants couramment trouvés dans ces aliments, cependant, les preuves épidémio- logiques sont rares. Cette étude a pour objectif d’estimer les associations entre la consommation d’AUT et le risque de maladies cardiovasculaires. Matériel et méthodes Au total, 105159 participants âgés d’au moins 18 ans (âge médian 41,5 ans) de la cohorte NutriNet- Santé (2009–2018) ont été inclus. Les apports alimentaires ont été recueillis par des enregistrements alimentaires de 24 h répétés, conc ¸ us pour collecter la consommation habituelle des participants pour 3300 aliments différents. Ceux-ci ont été catégorisés en fonc- tion de leur degré de transformation grâce à la classification NOVA. Les associations entre la consommation d’AUT et le risque de mala- dies cardiovasculaires, coronariennes et cérébro-vasculaires ont été évaluées par des modèles de Cox à risques proportionnels ajus- tés sur les facteurs de risque connus. Résultats et analyse statistique La consommation d’AUT était asso- ciée à une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires au global (n = 1409 cas, Hazard Ratio pour une augmentation de 10 % de la proportion d’AUT dans le régime = 1,12 (1,05 à 1,20) ; p = 0,0008), de maladies coronariennes (n = 665 cas, HR = 1,13 (1,02 à 1,24), p = 0,02) et de maladies cérébro-vasculaires (n = 829 cas, HR = 1,11 (1,01 à 1,22), p = 0,02). Ces résultats restaient significatifs après ajustement sur plusieurs marqueurs de la qualité nutritionnelle de l’alimentation (acides gras saturés, sodium, sucres, fibres) ainsi que sur des patterns Healthy ou Western. Conclusion Dans cette large étude prospective, une consom- mation plus élevée d’AUT dans l’alimentation était associée à une augmentation de risques de maladies cardiovasculaires, coro- nariennes et cérébro-vasculaires. Différentes dimensions de la transformation alimentaire telles que la composition nutritionnelle du produit final, les additifs alimentaires, les matériaux de contact et les contaminants néoformés pourraient jouer un rôle dans ces associations ? D’autres études sont donc nécessaires afin de mieux comprendre leur contribution relative. Dans l’attente, la consom- mation d’aliments frais ou peu transformés est à privilégier, au nom du principe de précaution. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.nupar.2019.01.269 CO62 Un faible statut en acides gras oméga-3 à longue chaine en début de grossesse est associé à un risque plus élevé de dépression post-partum A. Hoge 1, , M. Nisolle 2 , M. Guillaume 1 , V. Castronovo 3 , Sylvie Degée 1 , Valentine Tabar 1 , Marie Timmermans 1 , Anne-Franc ¸ oise Donneau 1 , Nadia Dardenne 1 1 Département des sciences de la santé publique 2 Département de gynecologie-obstétrique 3 Département des sciences biomédicales et précliniques, université de Liège, Liège, Belgique Auteur correspondant. Adresse e-mail : axelle.hoge@uliege.be (A. Hoge) Discipline Epidémiologie. Introduction et but de l’étude La dépression est l’une des compli- cations du post-partum les plus fréquentes, avec une prévalence estimée entre 10 et 20 % à travers le monde. Son dépistage, sa prévention et sa prise en charge sont indispensables pour éviter les conséquences négatives de cette pathologie, tant sur la mère que sur la relation mère-bébé et le développement neurocognitif et affectif de l’enfant. Le rôle des acides gras sur la santé mentale a été largement étudié en population générale. Dans le cadre du post-partum, des études observationnelles mettent en évidence une relation entre la consommation d’acides gras polyinsaturés oméga-3 (AGPI n-3) et la santé mentale maternelle ; néanmoins, les preuves restent mitigées. Les recherches fondées sur les ana- lyses sanguines montrent que la déplétion des réserves maternelles en DHA, observée au cours de la grossesse, et la lente normalisa- tion du statut post-partum, augmenterait le risque de dépression post-partum (DPP) [1]. La présente étude vise à étudier l’association entre les AGPI n- 3 érythrocytaires, mesurés en début de grossesse, et le risque de DPP. Matériel et méthodes Soixante-douze femmes enceintes de 6 à 18 semaines, ayant assisté à une consultation prénatale au Centre Régional de la Citadelle de Liège (Belgique), ont été inclues. La prise de sang a été effectuée lors du recrutement, et l’analyse des acides gras polyinsaturés érythrocytaires a été réalisée par chromatogra- phie en phase gazeuse. L’index oméga-3 représente le pourcentage d’acides gras oméga-3 à longue chaine (EPA et DHA) sur l’ensemble des acides gras présents au niveau de la membrane des érythro- cytes. La DPP a été déterminée un an après l’accouchement, lors d’une interview téléphonique se basant sur les critères diagnos- tiques du DSM-V (épisode dépressif majeur). Résultats et analyse statistique Afin de tester l’impact des AGPI n- 3 sur la survenue de la DPP, la méthode de régression logistique a été utilisée. Le modèle a été ajusté par plusieurs autres facteurs de risque tels que les caractéristiques sociodémographiques, les antécédents de dépression et les évènements stressants. Une asso- ciation négative a été observée entre les taux de DHA et le risque de dépression post-partum (p = 0,044). Nos résultats ont révélé qu’un