Alexandru Matei JEAN-FRANÇOIS LYOTARD EN ROUMANIE À LA FIN DES ANNÉES 1980 Morales francophones en Roumanie Qu’est-ce qu’on appelle la postmodemité ? Je ne suis pas au courant. Michel Foucault, Dits et écrits, IV On a énormément écrit sur le “postmodernisme”. 1 On en a tant écrit, de sorte que toute nouvelle approche d’un quelconque concept du “postmo- derne” n’est possible qu’au prix d’ignorer un “Great Unread” 2 sur lequel les analyses quantitatives pourraient très bien porter leur attention exhaus- tive. Ce texte ne prétendra par conséquent pas défnir le postmoderne, avec ou contre les tenants du “post-” ; il ne tentera pas non plus de cerner le lieu que la version lyotardienne de la “postmodernité” occupe dans les débats autour du postmoderne des années 1980-1990. Le propos de notre intervention se voudrait plus ponctuelle. Elle considérera le débat roumain autour du postmoderne/postmodernisme/postmodernité, à la charnière des années 1990, d’un point de vue particulier qui relève plutôt du domaine des “transferts culturels” 3 et, plus largement, d’une version wallersteinienne et morettienne de la “World Literature”. 4 Notre hypothèse est la suivante : après plus d’un demi-siècle de débats sur la modernisation culturelle en 1 Ce texte est publié dans le cadre du projet 21-AUF/01.03.2019, financé par l’AUF par l’IFA, ‘Transferts culturels et champs intellectuels internationaux sous le régime communiste. Modernité et antimodernité à l’Est et à l’Ouest: France, Roumanie, Serbie.’ 2 Franco Moretti, ‘Conjectures on World Literature’, New Left Review, 1 (2000), p. 54. 3 Michel Espagne, ‘La Notion de transfert culturel’, Revue Sciences/Lettres, 1 (2013). https://journals.openedition.org/rsl/219. 4 Je me permets de renvoyer à mon texte qui résume cette version, tout en l’appliquant aux ‘media studies’, Alexandru Matei, ‘Périphérie’ et ‘semi- périphérie’, du système de l’économie-monde a l’histoire de la télévision’, Revue Roumaine de Philosophie, 61 (2017) No 1, 203-212.