Recueil des communications particulières / Revue de chirurgie orthopédique et traumatologique 103S (2017) S239–S284 S251 29 Impact de deux méthodes de conservation (congélation et cryopréservation) sur la microstructure des ménisques Effect of allograft conservation on menisci microarchitecture Christophe Jacquet 1 , Matthieu Ollivier 2, , Martine Pithioux 2 , Jean-Noel Argenson 2 , Sébastien Parratte 2 1 Orthopédie, IML, Marseille, France 2 IML Sainte-Marguerite, Marseille, France Auteur correspondant. Adresse e-mail : ollivier.mt@gmail.com (M. Ollivier) Introduction La méthode de préparation/stérilisation des allo- greffes méniscales la plus répandue à l’heure actuelle est l’irradiation gamma, certains auteurs ont soulignés le risque d’une irradation à 25kGy sur la dégradation l’ultrastructure et les propriétés mécaniques des tissus méniscaux. Deux alternatives principales existent la congélation simple et la cryopréservation. L’hypothèse de notre travail était que la cryopréservation, permet- trait une conservation des tissus méniscaux supérieure en termes de propriétés histologiques et ultrastructurelles par rapport à une congélation. Méthodes Cinq ménisques humains ont été prélevés chez des patients opérés pour une PTG après recueil d’un consentement éclairé signé. Les critères d’inclusion étaient patients âgés de moins de 70 ans, présentant une gonarthrose primitive uni ou bicom- partimentale (au moins un compartiment fémoro-tibial indemne), sans antécédents chirurgicaux ou traumatiques sur le genou opéré, bénéficiant de la pose d’une prothèse totale de genou entre jan- vier et février 2017. Neuf cubes de 3 mm de côté étaient découpés (et répartis en trois groupes : contrôle, congelélation et cryopré- servervation). Ménisque congelé entre -70 et -80 . Ménisque cryopréservé avec ajout de DMSO en vapeur d’azote (-178 C). La durée du stockage était de 1 mois minimum et le conditionne- ment final selon le même schéma de fixation que le groupe témoin était réalisé par les techniciens de l’EFS en salle blanche. Pour chaque échantillon de ménisque 30 clichés avec un grossissement de × 12000 étaient obtenus. Les critères d’évaluation étaient : diamètre moyen des fibres de collagène en section longitudinale et transversal en 5 points de chaque coupe et calcul d’un score architectural validé (proximité et organisation des fibres,oedème, variabilité du diamètre). Résultats Nous avons observé une diminution du diamètre des fibres de collagène pour le groupe congelé en section longitudi- nale (en moyenne 14,2 ± 5,1 nm) par rapport au groupe témoin (moyenne (17,2 ± 6,2 nm) et p = 0,001. Et, en section transversale (13,1 ± 4,9 nm vs 16,9 ±5,7 nm et p = 0,003). De même, il existait un plus haut degré de désorganisation de la structure architectu- rale par rapport au groupe témoin (score moyen 4,5 ± 1,3 points vs 2,3 ± 1,4 points, p = 0,001). Nous n’avons pas retrouvé de diffé- rence statistiquement significative au niveau du diamètre des fibres entre le groupe cryopréservé et le groupe témoin. L’organisation de la structure architecturale était également similaire entre ces deux groupes (p = 0,17). Conclusion Nos résultats suggèrent que la cryopréservation n’altère pas l’ultrastructure du ménisque à la différence de la congélation simple. Cette méthode de conservation nous semble supérieure dans le cadre de la préparation/conservation des allo- greffes méniscales. Déclaration de liens d’intérêts Consultant, expert : Arthrex. https://doi.org/10.1016/j.rcot.2017.09.320 30 Étude cadavérique de faisabilité d’une technique originale de fixation osseuse des allogreffes de ménisque externe, entièrement arthroscopique All-inside arthroscopic fixation of lateral meniscal allograft, a cadaveric feasability study Eric Sali 1, , Alain Meyer 2 1 Chirurgie orthopédique et traumatologique, clinique du sport, Paris 5, Boulogne, France 2 Chirurgie orthopédique et traumatologique, clinique du sport, Paris 5, Paris, France Auteur correspondant. Adresse e-mail : eric.v.sali@hotmail.com (E. Sali) Introduction La chirurgie sous-arthroscopie de l’allogreffe ménis- cale soulève encore de nombreux défis notamment en termes de fiabilité à long terme. Si la fixation osseuse des 2 cornes a permis une amélioration, quant au positionnement, elle ne permet pas de lutter contre l’extrusion méniscale imagerique fréquemment observée à court terme, extrusion en grande partie responsable de la dégrada- tion des résultats cliniques observés. Hypothèse Nous décrivons une nouvelle technique de fixation en 4 points osseux entièrement sous-arthroscopie, l’hypothèse princi- pale étant que le maintien initial de la greffe dans l’interligne serait ainsi plus stable avec une position plus anatomique, permettant de minimiser l’effet d’extrusion initiale, causée en partie par les sutures meniscocapsulaires. Matériel et méthodes Quatre sujets cadavériques frais ont servi pour l’étude. Pour des raisons logistiques, nous avons greffé le ménisque latéral d’un genou sur le genou controlatéral en le retournant sur lui-même. L’implantation était entièrement faite sous-arthroscopie, par fils rigides type FiberWire passant dans des tunnels osseux tibiaux réalisés avec un viseur de LCA tibial : un tunnel au niveau de la corne postérieure, un en regard du hiatus poplité, un à la jonction segment antérieur et moyen et un pour la corne antérieure. La fixation de la greffe était d’abord assurée par les points trans osseux fixés par des boutons corticaux tibiaux puis complétée par des sutures In-Out ou Out-In classiques, en permet- tant à la capsule de venir à la greffe et non le contraire, limitant ainsi l’extrusion. Le genou était ensuite désarticulé pour pouvoir comparer la posi- tion de l’allogreffe à celle du ménisque latéral natif du genou controlatéral, position comparée grâce la superposition de photo- graphies prises en vue supérieure en pré- et postopératoire. Un patient a été opéré selon cette technique avec succès. Résultats La technique permet un positionnement et une cou- verture du plateau de l’allogreffe très proche de celle du ménisque latéral natif du genou contro-latéral. Nous n’avons pas rencontré de difficulté peropératoire particulière. L’IRM de contrôle des 6 mois du patient opéré a été très encourageante. Discussion Cette amélioration de la technique princeps est fai- sable et reproductible. La fixation en 4 points osseux est une nouvelle piste de travail permettant une fixation initiale plus stable et plus anatomique, censée réduire la survenue d’extrusion ménis- cale observée. Les limites de l’étude sont le faible nombre de greffes réalisées, et l’impossibilité d’évaluer à ce stade, l’extrusion à plus long terme. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.rcot.2017.09.321