EPI-CLIN 2014 / Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 62S (2014) S133–S164 S161 pratiqué sur chaque bactérie isolée dans le service de bactériologie de l’hôpital en s’aidant d’une fiche de recueil standardisée et individuelle pour chaque patient. Les autres variables étudiés étaient l’âge, le sexe, le site de prélèvements, la nature et le phénotype des BMR, l’origine de la souche, les facteurs de risques et les mesures préventives qui ont été prises. Résultats.– Durant cette période de surveillance d’une année, 200 patients ont été révélés porteurs de BMR dont 12 étaient porteurs de deux BMR à la fois, soit sur le même prélèvement soit sur deux prélèvements différents. Le ratio infecté/infection était de 1,06. L’âge moyen des patients infectés était de 54,6 ans, le ratio H/F était de 2,57. Les prélèvements urinaires ont constitué la majorité des sites de prélèvements (60 %). les BMR isolées étaient les EBLSE (69 %), les ABR (26,5 %), les PAR (8,5 %) et les SARM (2 %). Les espèces les plus fréquentes parmi les EBLSE étaient les Klebsiella pneumoniae (34 %) et l’E. coli (30 %). La plupart de ces BMR ont été acquises au niveau de l’établissement (32,6 %) où le plus grand nombre a été enregistré au sein des services de la réanimation médicale et chirurgicale (17 % et 15,5 % respectivement) suivi du service d’urologie (5,5 %). Les facteurs de risques retrouvés étaient les séjours en réanimation et aux urgences, le diabète, l ’immunodéficience, l’intervention chirurgicale et la notion de traumatisme. Conclusion.– Le signalement de ces BMR aux différentes structures de soins était la règle ainsi que le renforcement des mesures d’hygiène autour des patients colo- nisés ou infectés, avec parfois un isolement géographique lorsque les conditions le permettaient. http://dx.doi.org/10.1016/j.respe.2014.05.113 P8-22 Effets indésirables et qualité de vie chez les patients cancéreux traités par chimiothérapie au Maroc M. Khalis a , S. Elfakir a , H. Errihani b , A. Zidou c , A. Benider d , R. Bekkali c , C. Nejjari a a Laboratoire d’épidémiologie, santé communautaire et recherche clinique, faculté de médecine et de pharmacie, Fès, Maroc b Institut national d’oncologie, Rabat, Maroc c Fondation Lalla Salma de prévention et traitement des cancers, Rabat, Maroc d Centre d’oncologie Ibn Rochd, Casablanca, Maroc Mots clés : Effets indésirables ; Qualité de vie ; Chimiothérapie ; Maroc Introduction.– Après traitement par chimiothérapie, une meilleure connaissance des effets indésirables est indispensable pour les prévenir ou les réduire autant que possible, et afin d’assurer une meilleure prise en charge des patients et de préserver au maximum leur qualité de vie. L’objectif de cette étude était de décrire les effets indésirables et d’évaluer la qualité de vie chez les patients cancéreux traités par chimiothérapie au Maroc. Méthodes.– Il s’agit d’une étude de cohorte prospective multicentrique réalisée entre 2009 et 2011, auprès des patients atteints de l’une des quatre principales localisations du cancer au Maroc : sein, col de l’utérus, poumon, et côlon rectum. Les effets indésirables étaient classés selon la classification CTCAE version 3.0. Le questionnaire EORTC QLQ-C30 était utilisé pour mesurer la qualité de vie des patients de notre étude. Résultats.– À la 12 e semaine de suivi, 1921 patients étaient traités par une chi- miothérapie. Leur âge moyen était de 54,6 (± 13,0) ans. Plus de 59 % de ces patients avaient au moins un effet indésirable. Les effets indésirables les plus fréquents étaient les manifestations gastriques et hématopoïétiques. Chez les patients ayant des effets indésirables, les moyennes des scores (MS) des dif- férentes dimensions fonctionnelles variaient entre 62,4 et 80,3 ; la dimension « Fonction émotionnelle » semblait la plus dégradée. Les MS des dimensions symptômes variaient entre 12,9 et 54,4. Les femmes avaient une qualité de vie meilleure par rapport aux hommes, la MS de la dimension « état de santé global » était 66,4 chez les femmes versus 60,0 chez les hommes (p < 0,001). Conclusion.– Cette étude guidera en grande partie la décision thérapeutique, et permettra d’élaborer des stratégies et des actions en matière de prévention et de contrôle des ces effets indésirables. http://dx.doi.org/10.1016/j.respe.2014.05.114 P8-23 Aide à la sélection d’indicateurs de variabilité glycémique grâce à l’analyse en composantes principales chez les enfants et adolescents diabétiques de type 1 J. Schroedt , S. Guilmin-Crépon , N. Tubiana-Rufi , C. Alberti AP–HP, hôpitalRobert-Debré, unité d’épidémiologie clinique, Paris, France Mots clés : Analyse en composantes principales ; Variabilité glycémique ; Indicateur Introduction.– Afin de caractériser un état de santé, une pathologie ou encore une dynamique biologique les cliniciens utilisent de nombreux d’indicateurs différents qui peuvent parfois être redondants dans leur définition ou leur mode de calcul. C’est le cas de la variabilité glycémique (VG), définie par la fréquence, la durée et l’amplitude des excursions glycémiques et paramètre important du contrôle métabolique des sujets diabétiques Faute de consensus, son évalua- tion n’est pas standardisée, et l’utilisation des nombreux indicateurs de VG est très hétérogène. L’analyse en composantes principales (ACP) est une méthode exploratoire des données qui permet de condenser l’information afin d’en faire ressortir ses dimensions les plus importantes. Elle peut ainsi aider à sélectionner les indicateurs les plus pertinents pour l’évaluation d’un phénomène. Objectif.– Évaluer l’intérêt de l’ACP pour identifier les indicateurs de VG les plus pertinents tant pour la pratique clinique que comme critère d’évaluation pour la recherche. Méthodes.– Dans le cadre d’un essai prospectif multicentrique (Start-In !), 141 sujets (2–17 ans) diabétiques de type 1 ont été inclus. Tous ont porté pendant trois mois un dispositif de mesure continue du glucose, permettant d’obtenir des données répétées toutes les cinq minutes. L’ACP a été appliquée sur les 16 indicateurs de VG les plus utilisés qui ont été évalués à partir de ces données de glucose : 11 indicateurs descriptifs (moyenne ; écart-type–SD ; coefficient de variation–CV ; amplitude moyenne des excursions glycémiques–MAGE ; moyenne de la différence journalière–MODD ; écart-type de la différence 1,2,4 et 24 h–CONGA 1,2,4 et 24 ; J-index ; taux de variation du glucose dans le sang – BG rate) et cinq indicateurs de risque (M-Value ; équation diabétique esti- mant le risque glycémique – GRADE ; indice de glycémie basse–LBGI ; indice de glycémie élevée – HBGI ; taux de risque quotidien moyen – ADRR). Ces indi- cateurs ont été calculés de fac ¸on hebdomadaire pour la 2 e ,5 e et 8 e semaine de port de capteur. Résultats.– Les résultats de la 2 e semaine sont présentés (similaires pour les autres semaines). Trois composantes expliquent 89 % de la variance. Les deux premières dimensions portaient respectivement 63 % et 18 % de la variance, et la troisième en couvrait 8%. L’interprétation des résultats a permis de caractériser spécifiquement deux des composantes de l’ACP : l’une traduisant l’amplitude (hypoglycémie/hyperglycémie) et l’autre la temporalité (inter- et intra-journalier) des fluctuations. Parmi les 16 indicateurs de VG, 2 ont été isolés (LBGI, CV) et 3 groupements ont été identifiés (HBGI ; GRADE ; Moyenne ; J-index/SD ; M-Value ; CONGA24 ; MODD/CONGA1,2,4 ; MAGE ; ADRR ; BG rate). Conclusion.– L’ACP est une méthode intéressante pour la sélection des indi- cateurs biologiques. Elle a permis ici d’identifier cinq groupes d’indicateurs, traduisant des aspects différents mais complémentaires de la VG, tout en per- mettant d’appréhender le phénomène dans son ensemble. Le choix s’est fondé par la suite sur quatre éléments : les résultats de l’ACP (ici, un à deux indicateurs par groupe afin de représenter les trois dimensions de la GV) mais aussi la per- tinence clinique, la facilité de calcul des indicateurs et leur utilisation préalable. Les indicateurs de VG ainsi sélectionnés (MAGE, MODD, CV, LBGI, HBGI et ADRR) pourraient être utilisés de fac ¸on standardisée dans la pratique clinique et pour la recherche. http://dx.doi.org/10.1016/j.respe.2014.05.115