1 Le télétravail, un objet sans désir ? Anne AGUILERA, Université Paris Est, IFSTTAR, Laboratoire Ville Mobilité Transport (LVMT) anne.aguilera@ifsttar.fr Virginie LETHIAIS, Telecom Bretagne, Marsouin virginie.lethiais@telecom-bretagne.eu Alain RALLET, RITM, Université Paris-Sud alain.rallet@u-psud.fr Laurent PROULHAC Université Paris Est, IFSTTAR, Laboratoire Ville Mobilité Transport (LVMT) laurent.proulhac@enpc.fr Résumé L’objectif de cet article est d’expliquer les écarts entre les fortes attentes sociétales attachées au télétravail et la faiblesse de sa pratique en France. Sur la base de trois enquêtes, nous montrons que le télétravail est non seulement un phénomène limité, mais qu’il est principalement lié à des arrangements informels, et enfin qu’il n’est plébiscité ni par les salariés ni par les entreprises. Les principales raisons avancées concernent ses avantages incertains et ses coûts immédiats. La conclusion discute les éléments de contexte qui pourraient modifier les choix des différents agents. Mots-clés Télétravail, barrières, attentes sociétales, TIC, organisation du travail, France. Abstract The aim of this article is to explain the gap between high social expectations and the reality of home-based telework using three French databases which give information about employers but also employees. We highlight that telework is not only a fairly restricted phenomenon but also one that lacks impetus and is mainly an informal working arrangement. The main reasons raised by both employees and employers are the uncertain advantages coupled with