106 Résumés/Abstracts 28 Méthode de correction d’artéfacts de stimulation pour l’analyse de potentiels évoqués cortico-corticaux Lena Trebaul * , David Rudrauf , Olivier David Inserm U1216, bâtiment Edmond-J.-Safra des neurosciences, chemin Fortuné-Ferrini, 38706 La Tronche cedex, France * Auteur correspondant. Adresse e-mail : lena.trebaul@inserm.fr (L. Trebaul) Les potentiels évoqués cortico-corticaux (PECC) induits in situ au niveau d’électrodes intracrâniennes réceptrices par stimulation électrique directe d’une électrode peuvent être quantifiés chez des patients épileptiques pharmaco-résistants implantées pour une exploration fonctionnelle. La connectivité fonctionnelle cérébrale et ses relations avec la connectivité anatomique peuvent être étudiées par l’analyse de la présence, de la latence et des carac- téristiques morphologiques des PECC. Le courant injecté induit un artefact sur les mesures pendant quelques millisecondes, c’est pourquoi les PECC sont généralement ignorés pendant les 5 à 10 ms suivant la stimulation. Nombre d’arguments soutenant l’existence de réponses précoces, une caractérisation valide de la connectivité fonctionnelle requiert de quantifier ces réponses précisément. Nous introduisons une nouvelle méthode de correction qui reconstruit le signal neuronal masqué par l’artefact de stimulation. Une décom- position en valeurs singulières permet la séparation de l’artefact du signal neuronal en le projetant sur différentes composantes. Ces composantes sont interpolées entre les points correspondant à l’artefact et reprojetées dans le domaine temporel. Des simu- lations et des analyses de données empiriques démontrent que la méthode préserve la forme des réponses précoces (même à des fréquences d’échantillonnage sous-optimales mais standards) plus fidèlement que d’autres méthodes de correction standard basées sur la soustraction d’un artefact canonique, obtenu par exemple par moyennage. Notre méthode présente des performances supérieures à une approche par soustraction, en particulier pour la quantifica- tion des réponses à l’échelle de stimulations individuelles, et va ainsi pouvoir servir à l’exploration de la connectivité cérébrale à une nouvelle échelle. Mots clés Artefact ; Potentiels évoqués ; Traitement du signal Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. http://dx.doi.org/10.1016/j.neucli.2016.05.030 29 Pointes positives rolandiques en 2015 : devenir des enfants à 10 ans Sabine de la Vaissière a,* , Sophie Gueden a , Géraldine Gascoin b , Sylvie Nguyen a a Unité de neurologie pédiatrique, centre hospitalier universitaire, 4, rue Larrey, 49100 Angers, France b Unité de néonatalogie, centre hospitalier universitaire, Angers, France * Auteur correspondant. Adresse e-mail : Sabine.delavaissiere@chu-angers.fr (S. de la Vaissière) Introduction L’EEG est un examen utilisé depuis de nombreuses années pour l’évaluation pronostique du devenir de l’enfant né prématuré. Parmi les figures pathologiques parfois décrites sur les tracés, les pointes positives rolandiques (PPR) ont fait l’objet de plusieurs études démontrant leur sensibilité et spécificité élevées quant au pronostic neurologique de l’enfant. Cependant, d’autres critères, tels que l’organisation temporo-spatiale et la maturation du tracé sont étudiés sur les tracés EEG en période néonatale mais leur valeur pronostique est moins connue. L’objectif de notre étude est de montrer les corrélations existantes entre ces différents cri- tères EEG et le devenir neurologique à long terme des enfants nés prématurés. Méthode Il s’agit d’une étude rétrospective, regroupant les enfants nés entre 2003 et 2013 au CHU d’Angers dont les tracés EEG en période néonatale montraient des PPR. Les comptes rendus EEG ont été revus et les EEG classés en fonction de l’organisation de l’activité de fond, de la fréquence des PPR et de l’existence ou non d’autres figures pathologiques. En cas d’EEG multiples pour un même enfant, l’évolution est prise en compte pour le classement. Chaque type de tracé est ensuite corrélé au devenir des enfants à long terme. Résultats Cent six enfants, nés avant 33 semaines d’aménorrhée, au CHU d’Angers, ont eu au moins un EEG montrant des PPR. Parmi eux, 19 enfants ont été perdus de vue, 2 ont été exclu de l’étude du fait de l’existence d’une maladie génétique grave associée, 14 sont décédés des séquelles de leur prématurité et 71 ont été suivi à long terme. Les tracés EEG montrant des PPR fréquentes (plus de 2 par minute) sont invariablement associés à un devenir très péjoratif pour l’enfant, décès ou séquelles neurologiques majeures à type de paralysie cérébrale sévère (quadriplégie spastique et déficience intellectuelle profonde) et ce quels que soient les autres critères EEG associés. Lorsque les PPR sont peu fréquentes, leur associa- tion à un tracé désorganisé ou dysmature ou à des pointes positives « extra-rolandique » est prédictive d’anomalies du développement plus modérées de type diplégie spastique ou trouble spécifique des apprentissages. Conclusion Notre étude confirme la valeur pronostique négative des PPR abondantes sur les tracés EEG réalisés en période néona- tale. Cependant, lorsqu’elles sont de fréquence plus modérée, les autres critères EEG doivent être pris en compte pour mieux préciser le devenir à long terme des enfants nés prématurés. Mots clés EEG ; Enfants ; Pointes Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. http://dx.doi.org/10.1016/j.neucli.2016.05.031 30 Évolution électro-clinique des anomalies EEG dans un cas de crise de migraine hémiplegique familiale Fernando Vázquez-Sánchez a,* , Rachel Debs b , Jonathan Curot b , Lieselot Tampere c , Marie Benaiteau b , P. Loubière b , Luc Valton b a Service de neurologie, CH de Bigorre, boulevard du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, 65000 Tarbes, France b Service de neurologie, CHU Purpan, Toulouse, France c Service de neuropédiatrie, CHU Purpan, Toulouse, France * Auteur correspondant. Adresse e-mail : fercovs@hotmail.com (F. Vázquez-Sánchez) La migraine hémiplégique (MH) est une pathologie rare compre- nant des épisodes de céphalées avec une aura caractérisée par un déficit moteur. D’autres types d’aura peuvent coexister. Dans les cas les plus sévères, un état comateux peut être présent. La MH est classée en sporadique (MHS) ou familiale (MHF) selon l’origine des mutations génétiques impliquées [2]. Trois gènes régulateurs des canaux ioniques y ont été associés [4]. Une dépression corti- cale envahissante menant parfois à l’œdème cérébral [1] semble être le mécanisme de ces phénomènes déficitaires ; celui-ci sou- tenu par les données d’IRM cérébral et les anomalies retrouvées à l’EEG. Nous rapportons le cas d’une patiente de 15 ans présen- tant un tableau de céphalée bi-frontale rapidement progressive avec une fièvre élevée et un niveau de conscience fluctuant. On notera, des antécédents familiaux et personnels de migraine avec aura sans aucun signe atypique ou de gravité. À l’examen clinique d’entrée, une hémianopsie latérale homonyme et une hémiparésie