Article original La détection de la maladie d’Alzheimer par le médecin généraliste : résultats d’une enquête préliminaire auprès des médecins du réseau Sentinelles Detection of Alzheimer’s disease in general medicine: preliminary results of a Sentinelles general practitioner’s network survey I. Cantegreil-Kallen a, *, D. Lieberherr a , A. Garcia b , M. Cadilhac c , A.-S. Rigaud a , A. Flahault b a Service de gérontologie clinique, hôpital Broca, AP-HP, 54–56, rue Pascal, 75013 Paris, France b Réseau Sentinelles, Inserm U444, faculté de médecin, 27, rue Chaligny, 75012 Paris, France c Inserm U444, faculté de médecine, 27, rue Chaligny, 75012 Paris, France Reçu le 10 juillet 2003 ; accepté le 26 février 2004 Disponible sur internet le 09 avril 2004 Résumé Propos. – Le médecin généraliste joue un rôle fondamental dans l’initiation du processus diagnostique de la maladie d’Alzheimer. L’objectif de cette étude est de connaître les pratiques diagnostiques de la maladie en médecine générale. Méthode. – Enquête par voie postale auprès de 1176 médecins Sentinelles. Les questionnaire comprenait des questions (1) sur le nombre de nouveaux cas et de cas suivis ; (2) à propos du dernier patient et (3) sur l’opinion du généraliste concernant le diagnostic précoce. Résultats. – Le taux de réponse était de 43 %. Le médecin généraliste Sentinelle a rapporté avoir vu 1,5 nouveaux cas de maladie d’Alzheimer et en avoir suivi quatre en 2002. Les motifs de consultation les plus fréquents étaient : des troubles de mémoire seuls (84 %) ou accompagnés d’une perturbation de la vie quotidienne et de désorientation (43 %). Soixante-seize pour cent des Sentinelles utilisaient le Mini Mental State ; 91 % ont envoyé le patient en consultation spécialisée. Cinquante-quatre pour cent des médecins ont annoncé le diagnostic au patient ; 94 % à la famille. Vingt-six pour cent des médecins utilisaient systématiquement le manuel diagnostique DSM IV. Soixante dix-sept pour cent trouvaient le diagnostic précoce utile. Conclusion. – Les résultats, comparés aux données provenant d’enquêtes réalisées dans d’autres pays européens, montrent que le médecin généraliste français est favorable à un diagnostic précoce, malgré le fait que la maladie d’Alzheimer soit légèrement sous-détectée en médecine générale et, qu’il se trouve en bonne position par rapport à ses collègues européens concernant l’envoi en consultation spécialisée, le suivi des critères diagnostiques et l’annonce du diagnostic à la famille. © 2004 Elsevier SAS. Tous droits réservés. Abstract Context. – The availability of cholinesterase inhibitors has reinforced the need for early detection of Alzheimer’s disease in which the general practitioner plays a key role. This study seeks to appraise the diagnostic procedures of Alzheimer’s disease in general medicine. Method. – A postal survey of 1176 general practitioners belonging to the French Sentinelles network. Results. – Response rate: 43%. The surveyed doctors have seen 1,5 new cases in 2002, and were in charge of the follow-up of four patients. Reasons leading to consultation were: memory impairment (84%), memory impairment together with decline in daily functioning and disorientation (42%). Seventy-six per cent of the Sentinelles used the MMSE, 91% referred the patient to a specialist. Fifty-four per cent announced the diagnosis to the patient; 94% to the family.Twenty-six per cent of the surveyed doctors systematically used the DSM-IV criteria and 77% considered early diagnosis valuable. * Auteur correspondant. Adresse e-mail : icantegreil@wanadoo.fr (I. Cantegreil-Kallen). La revue de médecine interne 25 (2004) 548–555 www.elsevier.com/locate/revmed © 2004 Elsevier SAS. Tous droits réservés. doi:10.1016/j.revmed.2004.02.013