Un asthme tardif chez un voyageur Kim Heang Ly 1 , Loïc Guillevin 2,3 , Luc Mouthon 2,3 1. CHU Dupuytren, service de médecine interne A, pôle médecine, Limoges, France 2. Assistance publiqueHôpitaux de Paris, hôpital Cochin, centre de référence pour les vascularites nécrosantes et la sclérodermie systémique, pôle de médecine interne, Paris, France 3. Faculté de médecine Paris-Descartes, Paris, France Correspondance : Luc Mouthon, Hôpital Cochin, pôle de médecine interne, 27, rue du Faubourg-Saint-Jacques, 75679 Paris cedex, France. luc.mouthon@cch.aphp.fr Disponible sur internet le : 2 octobre 2011 Late-onset asthma in a traveler Observation Un homme de 60 ans était hospitalisé pour la prise en charge d’une crise d’asthme fébrile associée à des myalgies et à des troubles de la marche évoluant depuis un mois. Dans ses antécédents on notait une hypertension artérielle traitée par céliprolol depuis dix ans et un asthme allergique saisonnier apparu il y avait 18 mois. Il avait un tabagisme actif évalué à 15 paquets-années. Il avait beaucoup voyagé notam- ment en Asie du sud-est, en Afrique de l’est et au Maghreb. Son dernier voyage, d’une durée de trois semaines au Maroc où il possède une résidence secondaire, remontait à deux mois avant son hospitalisation. L’histoire de ses troubles avait commencé il y a 16 mois avec une première crise d’asthme qui était survenue alors que le patient venait de couper sa haie de Thuyas. Les explorations fonctionnelles respiratoires réalisées un peu à distance de la crise montraient un VEMS à 81 %, une capacité vitale lente à 92 % et une capacité vitale forcée à 81 % de la théorique plaidant en faveur d’un léger trouble obstructif périphérique et d’un minime déficit restrictif. Un traitement par terbutaline et budésonide prescrit pendant 15 jours l’avait amélioré rapide- ment, et un diagnostic d’asthme allergique était fait malgré la négativité des tests cutanés allergologiques. Six mois plus tard alors qu’il était à Marrakech, survenait une nouvelle crise d’asthme associée à une asthénie et un syndrome inflamma- toire modéré (CRP : 25 mg/L). Il recevait alors une cortico- thérapie orale par prednisolone à 60 mg/j pendant un mois en association aux aérosols de terbutaline et bromure d’ipratro- piuim et de budésonide permettant de contrôler efficacement son état. Cinq mois plus tard, malgré un traitement de fond par aérosols de terbutaline et bromure d’ipratropiuim, il avait une nouvelle crise d’asthme avec un syndrome inflammatoire majoré (CRP 150 mg/L). L’hémogramme montrait une éosino- philie à 1050/mm 3 sans autre anomalie et à la radiographie thoracique on trouvait des infiltrats bilatéraux mal systéma- tisés. Alors qu’aucun diagnostic étiologique précis n’était fait, une nouvelle cure de prednisolone à 60 mg/j pendant un mois était prescrite, qui n’avait amélioré que partiellement le patient. Son état se dégradait alors avec un amaigrissement progressif de 8 kg en quatre mois, une dyspnée progressive- ment croissante et l’apparition de myalgies et de troubles de la marche liés à la difficulté de relever son pied droit depuis un mois. À l’examen clinique le patient était asthénique, le pouls est à 92/min et la pression à 150/90 mmHg. Il était fébrile à 39,2 8C et se plaignait d’une dyspnée d’effort d’une toux sèche et de myalgies diffuses. L’auscultation pulmonaire objectivait des sibilants diffus. L’examen neurologique trouvait un déficit du en ligne sur / on line on www.em-consulte.com/revue/lpm www.sciencedirect.com Presse Med. 2011; 40: 10921095 ß 2011 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. 1092 En pratique tome 40 > n811 > novembre 2011 doi: 10.1016/j.lpm.2011.07.015