Recensions / Reviews 557 insistances de nos ecrivains, qui apparaissent alors aussi re"velateurs de leurs fantasmes que de ceux des marginalises! Et qu'on ne nous r6pete surtout pas que, sous pr&exte d'obligatoirement se resituer dans un contexte historique, il faille ne"cessairement penser comme les mandarins de l'dpoque 6tudi6e. Ce qui 6tait alors stupide le demeure toujours. Reste evidemment a s'entendre sur la stupidite!» Voila pour le style general de l'ouvrage. Le reste est a l'avenant. II y a ce- pendant quelque chose de rafrafchissant dans cette facon de nommer les re'alite's et d'exposer les contradictions d'une epoque (et souvent celles d'une elite). La p^riode n'y est pas epargnee. Au niveau politique, l'auteur met notamment en ividence les expressions du conflit larve entre anglophones et francophones— par exemple au chapitre des fid61it6s a l'Empire—et en ce qui concerne les disparit6s economiques, il degage la signification concrete des statistiques sur la production industrielle, le niveau des investissements et la disparite des salaires. Lahaise d6poussiere aussi avec des accents caustiques le role de l'Eglise dans l'education, la sante, le travail et la syndicalisation, la culture et les institutions charitables. Du seul point de vue des donndes, on apprend peu de chose qu'on ne sache deja sous une forme ou sous une autre. C'est la jonction de ces elements et leur interpretation qui constituent l'originalite" de l'ouvrage. L'auteur b6neficie e'videmment du privilege de la perspective historique et ne se prive pas d'en profiter. Aussi, c'est avec l'oeil amuse d'un homme du siecle (finissant) qu'il explore la p^riode en se riant de ce qui serait aujourd'hui consid^re comme ar- chaique... et l'e"tait deja a l'6poque. Le propos est systematiquement anticleri- cal et sans complaisance pour les tenants d'un nationalisme de repli, encore qu'il pose le probleme de l'avenir politique incertain (aujourd'hui comme alors) du Quebec francophone. On trouvera ainsi dans cette contribution de Lahaise une forme de re- nouvellement des interpretations qui ont deja ete donnees de la periode 1914- 1939. Mais ce renouvellement tient moins au caractere syst6matique de l'analyse qu'au renouvellement du style historique; il fonde une maniere nouvelle de dire l'histoire, qui prend conge de Pobjectivite pour defendre un point de vue a la fois documente, analytique et critique. On ne saura qu'a la parution des deux tomes qui doivent suivre ce que cette tentative offre d'inno- vation pour l'histoire de la litte'rature. Mais il est raisonnable de croire qu'en tout 6tat de cause, on ne s'y ennuiera pas. PIERRE NOREAU Universite du Quebec en Abitibi- Temiscamingue Trudeau and the End of a Canadian Dream Guy Laforest Montreal: McGill-Queen's University Press, 1995, pp. 217 In this book, which was published in French three years ago, Guy Laforest pro- tests the end of the dualistic dream of Canada said to be that of practically all French-Canadian nationalists. The ideas of two such nationalists, Andre Laurendeau and Leon Dion, are discussed in detail, to make clear what is meant by dualism. Essentially it is the old "compact theory" of "two founding races" (or nations or peoples) meeting as equals, despite their differences in numbers and despite the concentration of one "race" in only one of Canada's 10 prov- inces. Practically speaking, dualism is identified with the Meech Lake Accord of 1987. Laforest, along with much of Quebec's present political leadership, is outraged that even this watered-down dualism is now evidently unacceptable to