A240 76 e congrès SNFMI, Paris, 6 au 8 décembre 2017 / La Revue de médecine interne 38S (2017) A109–A248 CA256 Tuberculose extra-pulmonaire : profil épidémiologique, clinique et évolutif dans un service de médecine interne O. Hentati * , B.A. Tayssir , E.E. Mounira , M. Mahfoudhi , J. Fatima , T. Sami , B.A. Kaoula , B.A. Taieb Médecine interne A hôpital Charles-Nicolle, Tunis, Tunisie * Auteur correspondant. Adresse e-mail : hentati.olfa@gmail.com (O. Hentati) Introduction La tuberculose est une infection fréquente qui constitue encore en Tunisie un problème de santé publique. Les formes extra-pulmonaires sont de plus en plus observées. L’objectif de cette étude est de décrire les aspects épidémiologiques, cliniques et évolutifs de la tuberculose extra-pulmonaire (TEP). Patients et méthodes Il s’agit d’une étude rétrospective ayant inclus tous les patients hospitalisés dans notre service pour TEP durant la période allant de 2010 à 2017. Résultats Nous avons colligé 25 patients, dont 12 hommes et 13 femmes (sex-ratio 1,08). L’âge moyen était de 50,6 ans [23–87 ans]. Le délai moyen de consultation était de 9,4 mois [0–96 mois]. Des comorbidités ont été trouvées dans 8 cas. Deux patients étaient diabétiques, un patient avait un syndrome de Sjör- gen, il était sous corticoïde et un autre patient était sous corticoïde et immunosuppresseurs. L’intradermoréaction à la tuberculine était positive dans 11 cas, négative dans 6 cas et n’était pas réa- lisée dans 7 cas. Pour le Quantiféron, il était positif dans un cas et négatif dans 4 cas. La tuberculose était confirmée bactériologique- ment dans trois cas et sur les données histologiques dans douze cas avec présence de la nécrose caséeuse dans 10 cas. Dans les autres cas le diagnostic était de présomption, retenu à postériori par l’épreuve thérapeutique. Le diagnostic a été étayé après un à deux mois. Une tuberculose pulmonaire concomitante a été décrite chez 6 malades. Les localisations étaient ostéoarticulaires (8 cas dont 3 maux de Pott, 2 chevilles, une coude, une sacro-iléite et une articulation temporomandibulaire), urogénitale (6 cas), péritonéale (5 cas), ganglionnaire (3 cas), rétro-péritonéale (2 cas), cutanée (2 cas), digestive (2 cas), génitale (1 cas), oculaire (1 cas) et laryn- gée (1 cas). L’atteinte était unifocale (15 cas), bifocale (7 cas), et multifocale (3 cas). Tous les patients ont été mis sous traitement antituberculeux de durée moyenne de 16 mois. L’évolution était défavorable dans seulement deux cas : une résistance aux antitu- berculeux a été notée pour un patient et une réaction paradoxale pour le deuxième. L’iatrogénie a été notée dans 7 cas : 4 cas de cyto- lyse, un cas d’hépatite médicamenteuse et 2 cas d’allergie. Le recul moyen était de 30 mois (2–120). Discussion Notre série illustre la fréquence de la TEP qui peut toucher n’importe quel viscère même une atteinte du larynx isolée. Une atteinte de deux appareils ou plus a été notée dans 8 cas. Une tuberculose pulmonaire ne s’est associée que dans un tiers des cas. Le diagnostic était certain majoritairement et souvent par l’examen anatomopathologique. Conclusion La TEP se caractérise par un polymorphisme des tableaux cliniques et sa symptomatologie traînante. Ces aspects cliniques peuvent être confondus avec des maladies plus graves d’organes ou systémiques. L’histologie sera souvent la clé du diag- nostic positif. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.revmed.2017.10.265 CA257 Tuberculose thyroïdienne : à propos de deux cas A. Redissi * , I. Rachdi , Z. Aydi , F. Daoud , H. Zoubeidi , B. Ben Dhaou , F. Boussema Service de médecine interne, hôpital Habib-Thameur, Tunis, Tunisie * Auteur correspondant. Adresse e-mail : azzaredissi@yahoo.fr (A. Redissi) Introduction La localisation thyroïdienne de la tuberculose est rare, estimée à 0,1–0,4 % de toutes les localisations de la maladie. Ses symptômes cliniques ne sont pas spécifiques et le diagnostic ne peut être retenu qu’en présence de bacille de Koch ou de lésions histologiques spécifiques au sein du tissu thyroïdien. Nous rapportons deux observations de patientes chez qui le diag- nostic de tuberculose thyroïdienne a été retenu. Observation Observation o 1 : Mme M.N est âgée de 37 ans. Elle n’a aucun antécédent pathologique. Elle a consulté en ORL pour un nodule cervical antérieur. L’échographie thyroïdienne avait mis en évidence un nodule lobaire gauche de 4 cm suspect de malignité. Le bilan thyroïdien était normal. La patiente a eu une lobo-isthmectomie gauche. L’examen anatomopathologique de la pièce opératoire a conclu à un adénome d’architecture macro- vésiculaire, dépourvu d’atypies nucléaires avec un parenchyme adjacent comportant des granulomes épithélioides et gigantocel- lulaires non nécrosants. La patiente ne présentait, par ailleurs, pas de signes en faveur d’une atteinte extra-thyroïdienne. L’IDR à la tuberculine était positive et le scanner thoraco-abdominal était sans anomalies. Elle a été mise sous traitement antituberculeux durant 6 mois avec une bonne évolution. Observation o 2 : Mme E.B, âgée de 51 ans, sans antécédents pathologiques, était suivie en ORL pour un goitre multinodulaire sans dysthyroïdie pour lequel elle a eu une thyroïdectomie totale. L’examen anatomopathologique a mis en évidence un goitre multi- nodulaire diffus remanié associé à une granulomatose thyroïdienne focalement nécrosante. L’IDR à la tuberculine était fortement posi- tive. Aucune autre localisation tuberculeuse n’a été retrouvée. La patiente a été mise sous traitement antituberculeux avec bonne évolution, ainsi que sous hormonothérapie à vie. Conclusion La tuberculose thyroïdienne est une affection rare dont le diagnostic de certitude ne peut être que bactériologique ou histologique, nécessitant donc la cytoponction voire la biopsie de la lésion suspecte. Néanmoins, son traitement est simple et son évolution est le plus souvent favorable. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.revmed.2017.10.266 CA258 Tuberculomes cérébraux : à propos de 9 cas N. Zaghbi 1,* , H. Ernandes 2 , R. Abid 2 , R. Battikh 2 , S. Othmani 2 1 Service de médecine interne, hôpital militaire principal d’instruction de Tunis, Tunis, Tunisie 2 Médecine interne, hôpital militaire principal d’instruction de Tunis, Tunis, Tunisie * Auteur correspondant. Adresse e-mail : nesrinezaghbi@yahoo.fr (N. Zaghbi) Introduction Les tuberculomes cérébraux (TC) représentent l’une des localisations les plus graves de la tuberculose. Son incidence varie en fonction de la zone géographique, rare dans les pays occidentaux où son incidence varie de 0,5 à 2 % des processus intra- crâniens ; par contre, il est assez fréquent dans les pays en voie de développement où il représente 5 à 10 % des masses intracrâ- niennes. Patients et méthodes Il s’agit d’une étude rétrospective menée dans un service de médecine interne de l’hôpital militaire de Tunis, incluant les patients hospitalisés pour des TC de 2000 à 2017. Le diagnostic était basé sur un faisceau d’arguments anamnes- tiques, clinicobiologiques et radiologiques. Résultats Nous avons colligé 9 cas de TC. Il s’agissait de 5 femmes et de 4 hommes. L’âge moyen au moment du diagnostic était de 54 ans [32–78 ans]. Le début de la symptomatologie était brutal dans 4 cas et progressif 5 cas. Une altération de l’état général a