CAS CLINIQUE / CASE REPORT Lymphome diffus à grandes cellules B primitif du côlon transverse Diffuse large B-cell lymphoma of the transverse colon L. Mnif · M. Medhioub · A. Amouri · L. Chtourou · M. Boudabbous · N. Tahri © Springer-Verlag France 2012 Résumé La localisation rectocolique des lymphomes non hodgkiniens primitifs extranodaux demeure rare et ne repré- sente que 1020 % des lymphomes gastro-intestinaux et 0,20,6 % des tumeurs malignes colorectales. Nous rappor- tons lobservation dun homme âgé de 84 ans qui était hos- pitalisé pour exploration dune constipation avec douleur abdominale. La coloscopie avait montré une lésion ulcérée du côlon transverse dont les biopsies avaient conclu à un lymphome B à grandes cellules. Le bilan dextension était négatif. Le patient est décédé après trois cures de chimio- thérapie. À travers cette observation et une revue de la litté- rature, nous discuterons les caractéristiques épidémio- logiques, clinicomorphologiques et thérapeutiques de cette entité rare. Pour citer cette revue : Acta Endosc. 42 (2012). Mots clés Lymphome non hodgkinien · Lymphome extranodal · Côlon · Chimiothérapie Abstract Rectocolonic localization of primitive extranodal non-Hodgkin lymphoma remains rare. It accounts for only 1020% of gastrointestinal lymphomas and 0.20.6% of colorectal malignancies. We report the case of a patient aged 84 years who was admitted for exploration of constipation with abdominal pain. Colonoscopy revealed an ulcerated lesion of the transverse colon. Histological examination revealed a diffuse large B-cell lymphoma. The staging was negative. The patient died after three cycles of chemothe- rapy. Through this observation and the literature review, we discuss the epidemiological and clinical-morphological features and treatment of this rare entity. To cite this journal: Acta Endosc. 42 (2012). Keywords Non-Hodgkin lymphoma · Extranodal lymphoma · Colon · Chemotherapy Introduction Les lymphomes non hodgkiniens primitifs extranodaux sont des tumeurs rares. Ils touchent le tractus gastro-intestinal dans 40 % des cas. Toutefois, latteinte colique reste rare notée uniquement dans 1020 % des cas et ne représente que 0,2 à 0,6 % des tumeurs malignes colorectales [1,2]. Nous rapportons un nouveau cas de lymphome primitif colique et nous discuterons à travers cette observation et une revue de la littérature les caractéristiques épidémiolo- gique, clinicomorphologique et thérapeutique de cette entité rare. Observation Un homme âgé de 84 ans, sans antécédents pathologiques particuliers, était admis pour exploration dune constipation avec douleurs abdominales atypiques évoluant depuis deux mois. L examen à ladmission était sans anomalies. Le patient avait un état général conservé sans perte de poids ; lIMC était à 21. L abdomen était souple, dépressible, indo- lore sans masse palpable ni viscéromégalie. L examen de la marge anale et le toucher rectal étaient normaux. Les aires ganglionnaires étaient libres. Le bilan biologique montrait une anémie normochrome normocytaire à 9,6 g/dl et un syn- drome inflammatoire biologique VS à 60 mm/1 ère h ; CRP à 47 mg/l. Les globules blancs étaient à 7 420 E/mm 3 et les plaquettes à 338 000 E/mm 3 . Les LDH étaient à 274 UI/l. Le dosage de la bêta2-microglobuline na pas été fait. Le taux des protides totaux était à 71 g/l avec hyper- α1-, α2- et gammaglobulinémie à 6,5, 13,2 et 22,6 g/l respectivement. La coloscopie avait montré la présence au niveau du côlon transverse dune large perte de substance de 2 cm de grand axe à fond nodulaire, à bourrelet régulier, rigide à la palpa- tion endoscopique (Fig. 1). Les biopsies ont été conservées dans du formol et ont conclu à un lymphome B à grandes cellules en montrant une prolifération de cellules rondes de taille moyenne ou grande à cytoplasme réduit et à noyau rond ou oval régulier hyperchromatique, nucléolé. L index L. Mnif (*) · M. Medhioub · A. Amouri · L. Chtourou · M. Boudabbous · N. Tahri Service dhépatogastroentérologie, CHU Hédi-Chaker, route El-Aïn, 3029 Sfax, Tunisie e-mail : leilamnif@yahoo.fr Acta Endosc. (2012) 42:123-125 DOI 10.1007/s10190-012-0235-7