CONTACT Maxence Aurélien Julien Thollet maxence.aurelien.julien.thollet@umontreal.ca
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https://doi.org/10.5281/zenodo.7484741
Pensée bergsonienne en archivistique : l’archivistique du flux et le
continuum du temps
Maxence Aurélien Julien Thollet
École de bibliothéconomie et des sciences de l’information, Université de Montréal
Centre Jean-Mabillon, École nationale des chartes
HISTORIQUE DE
L’ARTICLE
Article révisé le 06 septembre
2022 par l’École nationale des
sciences de l’information et
des bibliothèques dans le
cadre de la délivrance d’une
maîtrise.
Publié le 26 décembre 2022.
MOTS-CLÉS
Archivistique;
Postmodernisme;
Archives;
Continuum;
1. Introduction
La théorie du records continuum est le produit d’un changement des régimes de
temporalités à l’échelle macro-sociétale vers une conception postmoderne de la notion du
temps. En effet, on assiste à une progressive délinéarisation du temps
[1]2
vers une vision
cyclique, fluide et complexe du temps où la mise en archives n’est plus un processus linéaire
et fini, mais un processus infini toujours en construction
[3]
. La société postmoderne par les
technologies de l’information provoque un effondrement des ordres de temps jusqu’alors
[1]
Klein, Archive(s), mémoire, art. « L’intention est de produire une représentation moins linéaire et plus souple que celle offerte
par l’approche des trois âges. Il s’agit alors de mieux rendre compte du fait que « le document d’archives au sein du continuum est
“toujours en processus de devenir” »
2
Thollet, M. A. J. (2022). L’évolution postmoderne de la théorie archivistique : les régimes de vérités au travers de la crise du temps.
https://doi.org/10.5281/zenodo.7484735
[3]
Brothman, The Past That Archives Keep. « The incoherence of the records life cycle is traceable to its confounding of
“developmentalist” and “historical” notions of cyclical time. It actually tries to fit together – to straddle – two kinds of cycles. More
precisely, it seeks to cover with a single temporal logic two distinct, different realms of temporal order: the logic of a linear,
sequential process of finite records management workflow and a logic covering the temporal inertia or infinitude of archival
records. This temporal incoherence becomes manifest in the dissonance engendered by our simultaneous commitments to notions
of contextual finitude and contextual transcendence, and by our description of a seemingly natural triune evolutionary managerial
sequence of phases that eventually reach closure (a finite linear process), together with our vision of preternaturally unchanging,
infinite, absolute objects or phenomena (archival records) and, finally, by our sense of documentary permanence and
acknowledgement of historical contingency and change. »
RÉSUMÉ
La théorie du records continuum est une adaptation de la théorie
archivistique à la philosophie postmoderniste. Le modèle du
records continuum s’inscrit dans la théorie bergsonienne de la
continuité du temps, en s’attachant non plus à comprendre
l’archive comme un point fixe dans le temps, mais plutôt un
mouvement, celui-là même du temps réel à partir de l’individu et
non plus à partir d’un temps objectif spatialisé. L’article conclut
que l’archive n’est plus un artefact du passé d’une voix univoque de
l’acteur qui la produit, mais un processus dynamique de la
conscience qui incluent un nombre infini d’agents interagissant
avec l’archive dans l’espace et dans le temps.