Traitement non chirurgical du syndrome de Budd-Chiari
Camille BARRAULT (1), Aurélie PLESSIER (1), Dominique VALLA (1), Bertrand CONDAT (1, 2)
(1) Service d’Hépatologie, Hôpital Beaujon, Clichy ; (2) Service d’hépato-gastroentérologie, Hôpital Saint Camille, Bry sur Marne.
TABLE DES MATIE
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RES
LES BASES RATIONNELLES DU TRAITEMENT
CONTRÔLE DES MANIFESTATIONS
LA PRÉVENTION DE L’EXTENSION DE LA THROMBOSE
• Le traitement de la cause
• Le traitement anticoagulant
LA REPERMÉABILISATION DES VEINES HÉPATIQUES
ET DE LA VEINE CAVE INFÉRIEURE
• La thrombolyse
• L’angioplastie transluminale percutanée
• Prothèse endovasculaire ou « stent »
LE TIPS OU SHUNT PORTOSYSTÉMIQUE
INTRAHÉPATIQUE
CONCLUSION
CONTENTS
Non surgical treatment of Budd-Chiari syndrome: a review
Camille BARRAULT, Dominique VALLA, Aurélie PLESSIER, Bertrand CONDAT
(Gastroenterol Clin Biol 2004;28:40-49)
RATIONALE FOR TREATMENT
CLINICAL MANAGEMENT
PREVENTION OF EXTENSION OF THROMBOSIS
• Treatment of the cause
• Anticoagulant therapy
REPERMEABILISATION OF HEPATIC VEINS
AND INFERIOR VENA CAVA
• Thrombolysis
• Percutaneous transluminal angioplasty
• Endovascular prothesis or Stent
INTRAHEPATIC PORTO-SYSTEMIC TIPS OR SHUNTS
CONCLUSION
L
e syndrome de Budd-Chiari est caractérisé par l’obstruc-
tion des voies de drainage veineux du foie. Cette
affection a longtemps été considérée comme constam-
ment mortelle. En l’absence de tout traitement, le taux de
mortalité est supérieur à 60 % au cours de la première année.
Depuis le début des années 1970 jusqu’à récemment, le
traitement de référence était chirurgical : l’anastomose portosys-
témique de type latérolatérale [1]. Au cours des années 90, la
greffe de foie s’est imposée, suite aux recommandations de la
première conférence de consensus internationale sur la trans-
plantation hépatique. Pourtant, aucune étude contrôlée n’était
disponible pour appuyer ces positions de principe et aucune
évaluation prenant en compte l’état des malades au moment de
l’intervention n’avait été effectuée. Récemment, trois analyses
multivariées rétrospectives ont montré soit l’absence d’impact,
soit un impact faible de l’anastomose portosystémique chirurgi-
cale sur la survie [2-4].
Parallèlement, au cours des 20 dernières années, divers
traitements non chirurgicaux ont connu un développement
considérable en pathologie vasculaire extra-hépatique tels que
thrombolyse, angioplastie et prothèse endovasculaires et en
hépatologie avec l’anastomose portosystémique intrahépatique
ou TIPS. Simultanément, les anticoagulants ont été introduits dans
le traitement des maladies vasculaires du foie. Cependant, la
grande rareté du syndrome de Budd-Chiari n’a pas permis
d’effectuer des études de qualité scientifique satisfaisante. Le but
de ce travail est de faire le point sur les traitements non
chirurgicaux du syndrome de Budd-Chiari.
Les bases rationnelles du traitement
Définition et causes
Le syndrome de Budd-Chiari est l’ensemble des manifesta-
tions dues à l’obstruction des voies de retour veineux hépatique,
constituées par les veines hépatiques et la veine cave inférieure
dans sa portion supra-hépatique. Deux entités ont été récemment
distinguées : (i) l’obstruction des veines hépatiques, plus fré-
quente en Occident et généralement associée à un état prothrom-
botique ou à un envahissement néoplasique et (ii) l’obstruction de
la veine cave inférieure ou de l’ostium des veines hépatiques, plus
fréquente en Orient et rarement associée à un état prothrombo-
tique [5]. En fait, cette distinction est artificielle, non quant au
siège de l’obstacle mais quant à sa cause. En effet, peu d’études
orientales ont inclus une recherche systématique des états
prothrombotiques, mais quand cette recherche a été faite, elle a
mis en évidence les mêmes affections prothrombotiques que
celles observées en Occident [6].
L’obstruction des veines hépatiques ou de la veine cave
inférieure peut être secondaire à l’invasion endoluminale par une
tumeur maligne comme un cancer primitif du foie, du rein, de la
corticosurrénale, un léïomyosarcome ou parasitaire en cas
d’échinococcose alvéolaire. Rarement, il s’agit de la compression
par une tumeur comme un abcès amibien, un kyste hydatique ou
une polykystose hépatique. Dans la majorité des cas, l’obstruc-
tion est due à une thrombose.
La thrombose est associée dans 2/3 des cas à une ou
plusieurs affections prothrombotiques sous-jacentes, dont les
principales sont les syndromes myéloprolifératifs primitifs dans
environ 50 % des cas, le facteur V Leiden ou un déficit en protéine
C dans environ 25 % des cas chacun, un syndrome des
antiphospholipides dans environ 20 % des cas et une hémoglo-
binurie paroxystique nocturne ou une maladie de Behçet dans
Tirés à part : B. CONDAT, Service d’Hépatologie, Hôpital Beaujon,
100 Boulevard du Général Leclerc, 92110 Clichy.
E-mail : bertrand.condat@bjn.ap-hop-paris.fr
© Masson, Paris, 2004. Gastroenterol Clin Biol 2004;28:40-49
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