© L’Encéphale, Paris, 2010. Tous droits réservés. L’ Encéphale (2010) Supplément 6, S183–S187 Disponible en ligne sur www.sciencedirect.com journal homepage: www.elsevier.com/ locate/ encep Troubles affectifs et antidépresseurs : innovations thérapeutiques Affective disorders and antidepressant drugs: Therapeutic innovations E. Fakra (a) *, J.-M. Azorin (a) , M. Adida (a) , D. Da Fonseca (b) , A. Kaladjian (c) , D. Pringuey (d) (a) Pôle Universitaire de Psychiatrie, Hôpital S te Marguerite, 270 bd de S te Marguerite, 13274 Marseille cedex 09, France (b) Service de Pédopsychiatrie, Hôpital S te Marguerite, 270 Bd de Ste Marguerite, 13274 Marseille cedex 09, France (c) CHRU Hôpit al R. Debré, av. Général Koenig, 51092 Reims, France (d) Clinique de Psychiatrie et de Psychologie Médicale, Abbaye de S t Pons, Pôle de Neurosciences Cliniques, CHU Pasteur Nice, France Résumé À l’instar d’autres troubles psychiatriques, les hypothèses étiopathologiques de la dépression se sont largement fondées sur la découverte fortuite de traitements pharmacologiques efficaces dans cette maladie. Réciproquement, l’innovation thérapeutique s’est ensuite nourrie de ces hypothèses pour stimuler le développement de nouvelles molécules. Nous proposons ici d’étudier le développement des traitements pharmacologiques à travers les différents modèles neurobiologiques et moléculaires proposés dans la dépression. Nous partirons ainsi de l’hypothèse monoaminergique qui postule l’existence d’un déficit dans la transmission des monoamines (noradrénaline et sérotonine). Si ce modèle a longtemps pu fournir un premier niveau d’explication de l’action des molécules antidépressives, les limitations ont été pointées. Ces insuffisances ont pu déboucher sur un cadre théorique se prêtant particulièrement bien aux exigences de l’expérimentation pharmacologique : le modèle de stress de la dépression. Dès lors, d’autres phénomènes moléculaires et cellulaires ont pu être observés sous l’influence du stress, réversibles sous traitements antidépresseurs. © 2010 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. * Auteur correspondant. E-mail : eric.fakra@mail.ap-hm.fr Les auteurs n’ont déclaré aucun confit d’intérêts. MOTS CLÉS Dépression ; Antidépresseur ; Sérotonine ; Noradrénaline ; Neuroplasticité KEYWORDS Depression; Antidepressant; Serotonine; Norepinephrine; Neuroplasticity Abstract As it is the case in other psychiatric disorders, etiopathogenic hypotheses of depression have chiefly been shaped by the fortuitous discovery of antidepressive drugs. Reciprocally, these hypotheses have largely influenced later innovation in therapeutic drugs. In this paper, we aimed to study the development of pharmacological treatments through the different neurobiological and molecular models proposed in depressive illness through the last half-century. We first started by the monoaminergic hypothesis who postulates the existence of a deficit in monoamine transmission (norepinephrine and serotonine). We also discuss of drugs involving other neurotransmitters than the classic monoamines. If this monoaminergic hypothesis has long provided a first level of explanation for the action of antidepressant drugs, limitations have been pointed out. In the last 15 years, another model for the study of depression has clearly emanated: the stress model of depression. A possible reason for the success of this new hypothesis is its ability to provide a satisfying framework to experimental studies, in man and in animal. In this new background, numerous molecular and cellular events have been observed