Institut de recherche et documentation en économie de la santé Stratégies de désinvestissement des produits pharmaceutiques : une revue de littérature internationale Bonny Parkinson a , Catherine Sermet b , Fiona Clement c , Stefan Crausaz d , Brian Godman e , Sarah Garner f , Moni Choudhury g , Sallie-Anne Pearson h , Rosalie Viney i , Ruth Lopert k , Adam G. Elshaug k Cette revue de littérature internationale vise à évaluer les politiques de désinvestissement partielles ou complètes de certains médicaments financés ou subventionnés par l’État dans cinq pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) : Australie, Canada, France, Nouvelle-Zélande et Royaume-Uni. Elle s’appuie sur une étude internationale publiée dans la revue PharmacoEconomics en 2015. Le désinvestissement peut prendre deux formes, passive et active. La première n’est pas liée à l’intervention directe des pouvoirs publics : un médicament sera retiré du marché par le fabricant pour des raisons commerciales ou du fait de problèmes de sécurité. Le désinvestissement actif est porté par une volonté politique d’améliorer l'efficacité et la qualité des soins en allé- geant la pression sur les budgets pharmaceutiques. Si les pays se sont davantage appuyés dans un premier temps sur le désinvestissement passif, ils ont tendance à recourir de plus en plus au désinvestissement actif. Les pouvoirs publics subissent des pressions croissantes pour désinvestir des médicaments à faible valeur thérapeutique afin de dégager une marge de manœuvre en faveur de nouveaux médicaments innovants à l’efficacité reconnue. D urant les trente dernières années, les dépenses pharma- ceutiques ont augmenté de façon constante dans de nombreux pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), passant d'environ 160 $ par habitant en 1990 à 532 $ en 2014, soit une augmenta- tion d’environ 9,6 % par an (non corrigée de l’inflation) 1 . Cette augmentation des dépenses phar- maceutiques devient de plus en plus pré- occupante pour les pouvoirs publics et les tiers payeurs responsables de la fourniture de soins de santé étendus et équitables. Certains pays risquent en conséquence de faire le choix de ne pas financer de nouveaux médicaments dont le coût sera jugé trop élevé (1, 2). Afin de stabiliser la croissance des dépenses et de créer n° 220 - Juillet/août 2016 Reproduction sur d’autres sites interdite mais lien vers le document accepté : http://www.irdes.fr/recherche/questions-d-economie-de-la-sante/220-stra- tegies-de-desinvestissement-des-produits-pharmaceutiques.pdf 1 www.oecd.org/health/health-systems/oecd-health- statistics-2014-frequently-requested-data.htm a Centre for Health Economics Research and Evaluation (CHERE), University of Technology Sydney, Australie b Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), Paris, France c Health Technology Assessment Unit, Department of Community Health Sciences, Institute of Public Health, University of Calgary, Canada d Pharmaceutical Management Agency (PHARMAC), Wellington, Nouvelle-Zélande e Division of Clinical Pharmacology, Karolinska Institutet, Stockholm, Suède ; Strathclyde Institute of Pharmacy and Biomedical Sciences, Glasgow, Royaume-Uni f National Institute for Health and Care Excellence (NICE), London, Royaume-Uni g Pharmacoepidemiology and Pharmaceutical Policy Research Group, The University of Sydney, Australie h Pharmaceutical Policy and Strategy, Center for Pharmaceutical Management, Management Sciences for Health, Arlington, États-Unis i Department of Health Policy, George Washington University, Washington, États-Unis j Value in Health Care Division, Menzies Centre for Health Policy, The University of Sydney, Australie k Lown Institute, Boston, États-Unis ; Menzies Centre for Health Policy, Victor Coppleson Building D02, The University of Sydney, Australie Auteur référent : Catherine Sermet, sermet@irdes.fr une marge de manœuvre permettant de continuer à garantir une large utilisation des médicaments existants tout en finan- çant de nouvelles thérapies à coût élevé, ces pays auront tendance à « désinvestir » activement les produits à faible valeur thérapeutique.