Disponible en ligne sur www.sciencedirect.com Modélisation vertébrale et squelettique par le système EOS Skeletal and spinal imaging with EOS system J. Dubousset*, G. Charpak, W. Skalli, J. de Guise, G. Kalifa, P. Wicart Académie Nationale de Médecine, 16 rue Bonaparte, Paris 75272 cedex 06 Table ronde Mots clés : imagerie squelettique, EOS 665 * Auteur correspondant. e-mail : jeandubousset@wanadoo.fr Innovation technologique en chirurgie pédiatrique La durée du balayage est de l’ordre de 15 s pour un adulte et bien sûr décroît avec la taille de l’individu. L’immobilité requise pendant la durée du balayage est cependant une certaine limitation chez les tout jeunes enfants dont certains ne réalisent pas cette immobilité. Des systèmes de contention souple sont à l’étude pour palier à cet inconvénient. Les clichés obtenus sont numériques, non distordus (puisque le rayon est toujours perpendiculaire à l’objet). Ils peuvent être traités numériquement pour avoir un effet zoom sur une articu- lation précise par exemple. Facilement stockés informatiquement dans l’ordinateur, ils peuvent être délivrés sur film et traités selon la pénétration (zones peu visibles en radio conventionnelle) cela évite la répétition des clichés. Par ailleurs grâce aux logiciels de reconstruction tridimension- nelle mis au point à l’ENSAM en collaboration avec LIO Montréal, une reconstruction 3D surfacique semi automatique de toutes les pièces squelettiques peut être effectuée. La validité de ces reconstructions 3D a été évaluée par rapport à celle obtenue par les coupes jointives obtenues au scanner et vérifiée tout à fait comparable. Tout cela s’obtient à partir de la seule paire de clichés initiaux avec l’avantage donc d’une diminution considérable des doses d’irradia- tion (de l’ordre de 800 à 1000 fois moins que les reconstructions 3D scanner). Si l’on se souvient que les dangers de l’irradiation sont d’autant plus importants que l’enfant est jeune, on comprend l’intérêt d’un tel appareil en pédiatrie. Enfin comme l’examen se fait en position debout, l’influence de la gravité est donc bien exprimée grâce à EOS. Le corollaire est un inconvénient : EOS en position couchée n’existe pas encore ce qui l’exclut pour les examens faits obligatoirement en position couchée (traumatismes par exemple). Applications pratiques La première est bien sûr la radiographie bidimensionnelle de rou- tine qui permet en un seul passage d’avoir les mêmes renseigne- ments sur tout le squelette que la radiographie conventionnelle, celle-ci devant alors être effectuée par de multiples clichés, donc de multiples irradiations. Par ailleurs, les clichés sont non distordus grâce à l’orthogonalité du rayon par rapport à la zone radiogra- phiée. Cet examen radiographique initial et unique peut être stocké et traité pour une reconstruction 3D, soit immédiatement, soit ultérieurement (sans délai, parfois plusieurs années après). L ’association et la collaboration étroite de plusieurs discipli- nes (physique des rayonnements, biomécanique, radiologie et orthopédie de l’enfant) ont permis la mise au point dans notre pays et le développement d’un nouvel appareil d’imagerie dénommé EOS dont les principales caractéristiques sont : la réduction considérable des doses de rayons X (de 8 à 10 fois moins pour la radiologie bidimensionnelle, de 800 à 1000 fois moins pour la radiologie tridimensionnelle) grâce à l’invention de Georges Charpak des détecteurs gazeux, en particulier des rayons X, qui lui ont valu le prix Nobel en 1992 ; l’étude du patient en position debout obtenant des clichés simultanés de face et de profil du sommet de la tête jusqu’à la plante du pied ; la possibilité de reconstruction 3D de tous les niveaux ostéo- articulaires a été vérifiée aussi précise que celle obtenue par tomodensitométrie conventionnelle. De plus, l’examen est effec- tué en position fonctionnelle debout ou assise, ce qui n’était pas possible avec les appareils de tomodensitométrie actuellement tous en position couchée. La reconstruction 3D peut être obtenue dans des délais courts de l’ordre de 30 s pour un rachis complet. Ne faisant pas double emploi avec l’IRM, même si celle-ci évolue aussi vers la position debout, EOS permet des études de la patho- logie ostéo-articulaire jusque-là jamais réalisées (en particulier du rachis et des membres inférieurs) avec un examen d’ensemble de l’individu au lieu des segments fragmentés donnés jusqu’à présent par les moyens actuels, radiographies conventionnelles ou tomodensitométrie. Caractéristiques de l’appareil EOS : Cet instrument de radiologie est fondé sur deux détecteurs linéai- res de 45 cm de large permettant de transformer les photons X en électrons (G. Charpak) disposés de manière orthogonale et unis de manière rigide l’un par rapport à l’autre, balayant verticalement sur une hauteur de 175 cm, de façon à permettre la prise de vue simultanée de face et de profil de toute la hauteur du squelette en position debout, avec une faible dose d’irradiation. Celle-ci vérifiée par dosimétrie est de 8 à 10 fois moindre que pour une radiographie conventionnelle pour ces examens bidimensionnels. © 2008 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. Archives de Pédiatrie 2008;15:p665-p666