β 7 UNE NOTE SUR L'ETAT PRESENT D UN CONCEPT INACTUEL : LA LIBERTE Angelo Maria Petroni 0 De nos jours, dans la litterature de la philosophic politique anglo- saxonne, on attache peu d'interet au probleme de la liberte. Elle semble etre devenue un sujet beaucoup moins passionnant que les divers themes de la justice distributive, des vies saines et reflechies, du partage des valeurs, des politiques "decentes", et meme des droits des animaux. Aux yeux de celui qui ecrit, il y a un doute sur le point de savoir si cela estzyxvutsrqponmljihgfedcbaSJIDB d٧ au fait que la liberte est desormais consideree comme un probleme resolu — ou de toute maniere d'une importance secondaire —, ou plutφt si cela est le resultat de cycles normaux des interets. Dans cette note, nous argumenterons en faveur d'une conception de la liberte qui est insuffisamment partagee meme entre les specialistes preoccupes par cette problematique : la theorie de la liberte comme pure absence de coercition. 1. Depuis la publication, en 1958, de l'essai d'Isaiah Berlin,ywtsrponifecbTLC Two Concepts of Liberty, il est devenu tout δ fait habituel que les discussions sur le concept de liberte adoptent la distinction terminologique entre liberte negative et liberte positive etablie par cet auteur. Bien que personnellement nous tendions δ partager le jugement de David Spitz, selon lequel Berlin "n'apporte rien de nouveau ; et beaucoup de ce qu'il ajoute pose autant de problemes que ce que cela en resout" 1 , la distinction terminologique de Berlin reste probablement la plus claire, et constitue un point de depart utile. Dans l'acception negative de "liberte", "Je me considere comme normalement libre dans la mesurezvutsrqponmljihgfedcbaUSPLEB ού aucun homme ou aucun corps d'homme n'entrave mon activite. La liberte politique en ce sens est simplement l'espace dans lequel un homme peut agir sans etre gene par d'autres... En etant libre dans ce sens, j'entends ne pas etre derange par les autres. Plus grand est l'espace de non- interference, plus grande est ma liberte" 2 . En partant de ce concept "negatif' de liberte comme absence de coercition, on distingue le sens "positif" provenant ο Professeur de Philosophie. Universite de Bologne. 1 Spitz-1964, p. 117. 2 Berlin-1969, pp. 122-3. Volume 4, numero 4, Decembre 1993, pp 637-647.